sovietiques

 

Alors que le Président syrien Bachar elAssad massacre son peuple, on parle de 20 000 morts depuis le début du soulèvement en mars 2011[1], la Russie ainsi que la Chine, opposent pour la troisième fois leur veto à toute résolution des Nations Unies, et ce, à l’incompréhension, voire à l’exaspération générale de l’occident. Pour quelles raisons le président russe Vladimir Poutine s’obstine-t-il ainsi à contrecarrer les initiatives onusiennes comme au temps de la guerre froide ? En quoi consiste l’aide apportée par la Russie au régime syrien ? Comment le lien Russie-Syrie s’inscrit-il dans l’histoire ?

Cette opposition russe obstinée à toute résolution de l’ONU à l’encontre du régime de Bachar Al-Assad est d’abord un héritage de la guerre froide,[2] de la belle époque où la puissance soviétique pesait fortement sur les décisions mondiales.

1- Ce lien entre l’URSS et la Syrie, n’est pas immédiat après l’indépendance syrienne de 1946[3].

D’un côté, les dirigeants syriens sont plutôt anticommunistes jusque dans les années 50, de l’autre, l’URSS vote le plan de partage de la Palestine du 29 novembre 1947, permettant ainsi la création des l’État d’Israël[4]. Ce sont les pressions américaines sur les États du Moyen-Orient qui vont faire basculer ces positionnements, essentiellement le soutien ostentatoire de l’Amérique à l’égard d’Israël et les refus répétés d’aider financièrement et militairement les divers projets arabes[5]. Les premiers liens entre la Syrie et l’URSS datent de 1956 (un contrat d’armement est signé) et de 1957 (financement de l’irrigation et de la construction de la ligne de chemin de fer Alep-Lattaquié).

Une nouvelle étape de rapprochement entre les deux pays est franchie avec l’arrivée au pouvoir du parti Baath en 1963. La nouvelle politique du « socialisme arabe » faite de réforme agraire et de nationalisations, qui  rencontre à nouveau l’hostilité américaine, accepte un renforcement des liens avec l’URSS. Cela se concrétise après le coup d’État de février 66 qui voit l’arrivée au pouvoir de militaires baathistes plus radicaux, avec pour la première fois, des communistes au gouvernement. Un accord d’assistance technique est signé, de grands travaux sont lancés par les Soviétiques dont l’aménagement du port de Tartous. Ce soutien soviétique stimule la croissance économique syrienne et consolide la dictature du parti Baath[6].

Le lien Syrie-URSS change avec l’arrivée au pouvoir du clan Assad en novembre 1970. Hafez Al-Assad s’appuie à la fois sur la minorité alaouite dont il est issu et sur l’URSS sans toutefois accepter son ingérence dans les affaires intérieures du pays.[7] Dans un souci d’équilibre des forces militaires dans le face à face avec Israël, la Syrie reçoit de plus en plus d’aides en matière d’armements modernes (entre autres des  avions Mig-23[8]), et obtient en contrepartie des facilités d’accès aériens et maritimes, notamment  dans le port de Tartous. L’hésitation syrienne à s’engager davantage auprès des Soviétiques est levée en 1980 après que l’Égypte de Sadate eut signé un traité de paix avec Israël en 1979. Le 8 octobre 1980 Hafez Al-Assad signe à Moscou avec L. Brejnev, un classique « traité d’amitié et de coopération », valable 20 ans. Certes les Soviétiques utilisent le territoire syrien pour installer des bases de missiles SAM-5, augmentent considérablement le nombre de leurs conseillers militaires sur le terrain, le port de Tartous depuis l’accord de 1971 sert de base navale à la 5eme escadre[9] face à la 6e flotte de l’US Navy et autres escadres de l’OTAN, mais l’ « alliance » entre les deux pays a ses limites dictées par leurs intérêts réciproques.

Avec l’éclatement de l’Union Soviétique sous Gorbatchev, les relations russo-syriennes marquent une pause. La Russie fait savoir quelle n’a plus les moyens d’une politique de soutien à perte (la dette syrienne à l’égard de la Russie est énorme malgré l’effacement de la dette de la période soviétique). Par pragmatisme, Hafez Al-ASsad se tourne vers les Etats-Unis et participe même  en 1990 à la coalition internationale contre l’Irak qui avait envahi le petit Koweït.  Assad diversifie ses fournisseurs d’armement en s’orientant vers la Chine, la Corée du nord, et l’Europe Centrale.

Depuis une dizaine d’années, avec le Président Poutine (1 et 2), la Russie réaffirme ses intentions de redevenir influente au Moyen-Orient. L’intermède Dimitri Medvedev[10] (mai 2008- mai 2012) va dans la même voie.

2- Outre ce lien ancien entre les deux pays, quelles peuvent être les raisons actuelles de l’appui  russe à la Syrie de Bachar Al-Assad ? Ces raisons sont diverses, chacune ayant certainement son importance sans qu’elle ne soit à elle seule déterminante.

a – Tout d’abord, la Syrie est un client pour la Russie actuelle. « C’est le terme qu’utilise le pouvoir russe, plutôt que celui d’allié, qu’il réfute » précise Marie Mendras, politologue au CNRS[11] . En effet, les liens commerciaux entre les deux pays sont importants. Les entreprises russes ont beaucoup investi en Syrie ces dernières années, les investissements sont estimés à un niveau de 20 milliards de dollars. Ces derniers sont surtout visibles dans le domaine énergétiques, car, comme beaucoup de pays producteurs de pétrole brut, la Syrie doit importer ses produits raffinés. La construction d’une deuxième  raffinerie, en cours de réalisation par la compagnie russe Stroïtransgaz, est un exemple significatif[12].

– La Syrie est bien entendu depuis longtemps un client privilégié de la Russie pour l’achat de matériels militaires. Le montant des contrats d’armement passés entre eux ces dernières années est évalué à 4 milliards de dollars, en avions, missiles, systèmes de défense anti-aérien sophistiqués , les S300, munitions, contrats de maintenance… ce qui représente environ 8% des ventes d’armement de la Russie.

– Le port de Tartous fait l’objet d’importants travaux de modernisation[13]. Ce port constitue pour les Russes un point de ravitaillement bien placé entre les deux  zones stratégiques que sont les détroits turcs et le canal de Suez. Les nouvelles installations du port doivent être protégées par un système mobile de défense côtier appelé « Bastion [14]».

– Un bon client la Syrie ? Oui en apparence, mais un client endetté, qui peut de moins en moins régler sa dette avec le ralentissement actuel de son économie[15]. Qu’à cela ne tienne, la Russie a recours au vieux système du troc : en échange de l’exportation de brut syrien, la Russie fournit au régime de Bachar les carburants dont il a besoin. Par ailleurs, les opposants ont fait savoir, qu’en cas de victoire, ils résilieraient les contrats en cours.

b- Une deuxième série de raisons est d’ordre stratégique et politique. Bien plus que la Libye ou l’Égypte, la Syrie revêt une importance stratégique pour la Russie actuelle. En effet, ce pays constitue à l’heure actuelle l’une des rares zones d’influence qui lui restent au Moyen-Orient. L’enjeu est la continuité territoriale de son influence régionale de l’Iran jusqu’au Hezbollah libanais. Derrière la question syrienne se profile le problème iranien.

– Le sujet est complexe, mais constitue l’un des arrières plans majeurs de la question syrienne. Iran et Syrie sont les deux seuls alliés pour la Russie dans la zone, les deux sont en butte à l’occident, l’un sur la question  nucléaire, l’autre à propos du massacre de son peuple. La Russie ne peut se permettre de paraître faible avec l’un de ses deux alliés, même si la raison de fond est peut-être tout simplement la volonté de vouloir nuire à l’occident, de marquer ainsi son retour sur la scène internationale après des années d’effacement. Le soutien global à la Syrie et à l’Iran est lié à la défense de l’ « étranger proche » constitué par le sud Caucase[16].

–  Il ne faut pas oublier que la Russie, puissance orthodoxe, comprend une forte minorité musulmane d’environ 20 %, à majorité sunnite. L’appui à l’Iran chiite et à la Syrie (dirigée par la minorité alaouite considérée comme chiite) ne doit pas lui aliéner le monde sunnite majoritaire. Aussi, la Russie cherche t-elle avant tout à montrer que c’est toujours l’occident qui est agressif. Elle a tiré les leçons de l’Afghanistan.[17]

La situation intérieure russe joue également dans le rapport actuel à la Syrie. Deux niveaux au moins peuvent être signalés :

* Le danger d’agitation islamiste dans le Caucase entretenu par des jihadistes soutenus par le Qatar et l’Arabie est mis en avant pour avertir les occidentaux de leur naïveté sur un après Bachar en Syrie. Plutôt Bachar que le danger islamiste ! Cela rappelle la belle époque américaine de soutien aux dictatures de préférence au danger communiste ! Si pour les occidentaux, la faute des violences en Syrie vient du seul Bachar, pour les Russes, la situation est analysée comme une guerre civile classique dans laquelle il ne faut pas intervenir. Là où l’occident voit des rebelles contre un dictateur insupportable, la Russie voit des terroristes islamistes.

* Il n’a échappé à personnes que Vladimir Poutine doit faire face à une forte opposition depuis sa réélection au printemps 2012. Il y a bien, affirme Marie Mendras, « un effet d’écho, de miroir entre ce que l’on a appelé les révoltes arabes, qui ont fait peur à Moscou, et le mouvement de contestation russe. Dans ce contexte, la contestation du régime d’Al-Assad est pour Poutine inacceptable. Reconnaître qu’un chef tout puissant est menacé, c’est se trouver face à sa propre remise en cause par l’opposition politique en Russie[18] ».

– Enfin, un dernier facteur, certainement très secondaire, mais que nous tenons à mentionner car il est méconnu : l’existence en Syrie d’une communauté russe non négligeable qui s’est progressivement installée depuis les années 60[19].

Que cherche dans cette question syrienne Vladimir Poutine, sinon affirmer sa volonté de redonner à la Russie un rôle qu’elle avait perdu dans l’arène internationale. La Syrie n’est qu’un élément, mais stratégique, pour la politique extérieure russe dans cette zone sud du pays, du Moyen-Orient au Caucase. La Russie soutient la Syrie jusqu’à un certain point, elle préfère la poursuite des combats entre Syriens à une intervention étrangère dans laquelle elle ne pourrait pas prendre partie. Elle sait très bien que Bachar Al-Assad ne pourra pas se maintenir au pouvoir encore très longtemps dans les conditions actuelles, mais au moins, se présentera-t-elle alors comme la puissance qui a empêché l’« invasion étrangère », comme la puissance pleine de sagesse qui avait prévenu contre le risque de chaos et de danger islamiste dans la Syrie post-Bachar.

 


 


[1] Ne pas oublier quelques 200 000 réfugiés dans les pays voisins, notamment en Jordanie et en Turquie.

 

[2] Bien avant la guerre froide (1947-91) des liens avaient été tissés entre la Russie et les populations de ces régions qui dépendaient alors de l’Empire turc ottoman. C’était surtout la Société impériale orthodoxe (créée en 1882 et toujours active) qui était chargée des contacts avec les églises orthodoxes locales et d’aide aux œuvres de charité comme l’enseignement.

 

[3] L’indépendance, réelle en 1946, fait suite au mandat français (1918-1946) donné par la SDN. Le Front Populaire avait déjà envisagé l’indépendance, mais celle-ci put se réaliser à l’époque. Les troupes françaises ne partent qu’en 1946 suite à une très forte pression anglaise (rôle de Churchill). Se souvenir, qu’en mai 45, l’aviation française bombarde Damas en répression de manifestations réclamant l’indépendance immédiate. Le mandat français en Syrie fut une période très agitée.

 

[4] L’URSS fournit même de l’armement  au nouvel État israélien lui assurant ainsi la victoire contre les États arabes ligués contre lui. Comment comprendre cette attitude ? A cette époque encore, l’ennemi impérialiste dans l’imaginaire soviétique c’est l’Angleterre et pas encore les USA, cela va vite changer avec le manifeste épuisement anglais et la montée en puissance américaine.

 

[5] Dans les années 54-56, le projet de construction du barrage d’Assouan est un exemple éclairant des erreurs politiques américaines : le puissant lobby du coton s’oppose à cette construction qui permettrait, entre autres ,d’irriguer et de développer le coton égyptien. Nasser se tournera finalement vers l’URSS.

 

[6] En Syrie, l’état d’urgence est en vigueur depuis 1963 date de la prise du pouvoir par le parti Baath qui interdit les partis d’opposition. La révolte actuelle signe l’échec patent du baathisme (ou baasisme) et la revanche du religieux sur le laïc.

 

[7] C’est contre l’avis des Soviétiques qu’il engage son pays, avec l’Égypte,  dans la guerre contre Israël en 1973. Tsahal arrive à 40 km de Damas malgré l’armement anti-aérien d’origine soviétique.

 

[8] Avion de chasse soviétique capable d’opérer depuis des terrains d’aviation modestes ou peu entretenus.

 

[9] Cette 5e escadre méditerranéenne ou Eskadra, a été dissoute en 1991 avec la fin de L’URSS. Le petit port de Tartous, pas assez profond pour les grosses unités, servaient néanmoins de base de ravitaillement et de maintenance basique. Les bâtiments soviétiques avaient leurs propres mouillages en Méditerranée. De nos jours  les navires effectuent des escales dans divers pays du monde c’en est fini de l’isolement de la période soviétique.

 

[10] Medvedev se rend à Damas en mai 2010 pour élargir la coopération entre les deux pays et l’étendre à de nombreux secteurs outre l’armement.

 

[11] Marie Mendras dirige l’Observatoire de la Russie au Ceri- Centre d’études et de Recherches Internationales de Sciences Po. Elle s’exprimait dans une interview dans Libération le 18 juillet 2012.

 

[12] « La nouvelle raffinerie de gaz syrienne aura une capacité de 1,3 milliard de mètres cubes. Elle se situera dans le centre du pays, à 75 km au sud-est de Raqqa et à 230 km à l'est de Homs. Le gaz commercial produit par cette raffinerie sera transporté par un gazoduc existant jusqu'à Alep.

Stroytransgaz a entamé plus tôt la construction d'une autre raffinerie, d'une capacité de 2,5 milliards de mètres cubes, dont le projet est évalué à 210 millions de dollars ».

Source http://fr.rian.ru/business/20080205/98443629.html

Stroytransgaz est l'une des plus grosses entreprises de bâtiment russes. Spécialisée dans la construction de sites pétroliers et gaziers, elle est présente dans 15 pays. Son principal actionnaire est le monopole gazier public Gazprom ».

 

 

[13] « Le Kremlin déploie au mois de décembre 2007 un groupe aéronaval centré autour du porte-avions Amiral Kouznetsov en Méditerranée. Au mois de janvier 2008, les navires de ce groupe relâchent dans le port syrien de Tartous. C'est à compter de cette période que les informations concernant un futur déploiement permanent de navires russes dans le port syrien ont commencé à circuler.

Au mois de février 2010, le commandant en chef de la Marine russe, l'Amiral Vissotski, a confirmé la volonté de la Russie de disposer de points d'appui naval à l'étranger, à proximité des zones opérationnelles de la flotte russe, dont la Méditerranée orientale fait partie.

Depuis 2008, les Russes ont réinvetsi les lieux afin de remettre à niveau les installations de Tartous destinées à l'usage de la Marine russe. Actuellement, le point d'appui logistique naval russe de Tartous se compose de 2 quais flottants, d'un atelier flottant (changé tous les 6 mois), plusieurs dépôts, des casernes et d'autres installations. Près de 300 personnels russes sont chargés de la maintenance et de la modernisation du site.

Car pour le moment, on ne peut parler de base navale, mais seulement de point d'appui logistique naval. La fin de la modernisation du site, et son passage au statut de point de base, puis à celui de base navale, est prévu à partir de la fin de l'année 2012. A compter de cette date, le port syrien devrait être apte à accueillir des navires lourds, tels que des croiseurs (le Pierre le Grand par exemple) voire le porte-avions Amiral Kuznetsov, ainsi que des sous-marins.

D'après les déclarations de l'Amiral Vissotski, la future base navale de Tartous devrait également faire partie du schéma de déploiement de la flotte russe de la Mer Noire qui disposera ainsi du port « 

syrien en plus de ses installations à Sébastopol (Crimée, Ukraine) et Novorossisk (côtes russes de la Mer Noire).

http://www.rusnavyintelligence.com/article-point-sur-la-base-navale-russe-en-syrie-71288056.html

 

 

[14] Pour des renseignements techniques sur ce système voir le site : http://www.rusnavyintelligence.com/article-point-sur-la-base-navale-russe-en-syrie-71288056.html

 

 

[15] On estime qu’avec les violences l’économie syrienne tourne à 30% de ses capacités, la production d’hydrocarbures chute, le PIB a chuté de 8%. L’économie est à bout de souffle.

 

[16] Après l’invasion partielle de la Géorgie en été 2008, les deux régions sécessionnistes d’Abkhazie et d’Ossétie du sud sont de facto annexées par la Russie. La rupture diplomatique entre Russie et Géorgie qui s’ensuivit, d’une part, l’hostilité arméno-azérie d’autre part, a rompu la continuité géographique stratégique entre la Russie et son importante base militaire de Gumri en territoire arménien qui protège tout son flanc sud. Actuellement le ravitaillement énergétique de cette base vient d’Iran et traverse le territoire arménien. Un conflit de l’occident en Iran fermerait cette voie.

 

[17]«  La Tchétchénie aujourd’hui est dirigée par un proche de Vladimir Poutine qui a rétabli la Charia, obligeant toutes les femmes à se voiler et proscrivant la consommation d’alcool ». Voir http://www.atlantico.fr/decryptage/afghanistan-tchetchenie-syrie-croisade-russe-contre-islam-sunnite-fabrice-balanche-414788.html

 

[18] Libération le 18 juillet 2012

 

[19] La Syrie abrite une communauté russe non négligeable. Comme le rappelait cette semaine le New York Times, près de 20 000 femmes russes ont épousé, depuis les années 1960, des ressortissants syriens. Dans leur immense majorité, il s’agissait de jeunes militaires ou officiels syriens venus parfaire leur formation en Union soviétique et qui, encouragés par les autorités à développer leur internationalisme socialiste, cédaient au charme slave.Pour les jeunes Russes, un mariage syrien était la promesse d’une sortie plus facile de l’URSS, les Syriens n’étant pas soumis aux mêmes contraintes que d’autres pays frères. C’était aussi la probabilité de trouver un mari sobre. Pour les jeunes Syriens, épouser une jeune femme russe permettait d’éviter le versement d’une dot, souvent élevé dans la société syrienne. Et d’obtenir un ménage plus calme : en cas de problèmes conjugaux, les jeunes épouses russes ne pouvaient pas, comme leurs homologues syriens, mobiliser les puissants réseaux familiaux contre le mari indélicat…

http://www.atlantico.fr/decryptage/soutien-russe-syrie-cause-nombre-mariage-415039.html