Japon

 

Le shintoïsme est-il vraiment une religion première égarée au XXIe siècle, dans un pays connu par ailleurs pour ses avances technologiques ? Est-ce vraiment du religieux ? article précédent : le christianisme au japon

 

 

Assez peu présent dans les ouvrages généraux consacrés aux grandes religions [], le shintoïsme est méconnu de la grande majorité des Français, alors que les clichés abondent sur certaines pratiques du bouddhisme zen japonais. Peu d’ouvrages en français sur le shintô vite qualifié d’animisme, voire de religion première selon la nouvelle appellation [] Avec plus de cent millions d’adeptes selon les statistiques religieuses japonaises officielles, le shintoïsme n’est donc pas la pratique d’une petite minorité archaïque, mais est bel et bien inscrit au cœur de la vie quotidienne de ce pays. Alors qu’il est usuel de reprendre la thèse de Max Weber sur l’éthique protestante pour rendre compte de l’essor du capitalisme anglo-saxon, personne ou presque ne s’étonne que la seconde puissance économique mondiale puisse être le fait d’animistes ! Avec tout ce que ce terme véhicule de péjoratif dans la pensée occidentale .

Le shintoïsme est-il vraiment une religion première égarée au XXIe siècle, dans un pays connu par ailleurs pour ses avances technologiques ? Est-ce vraiment du religieux ?

1- Il apparaît bien difficile de rendre compte de ce que représente le shintoïsme au Japon , et de l’exprimer avec des concepts, des catégories de pensée qui nous sont propres et bien souvent inadaptées au sujet étudié.

a- Le shintoïsme est-il, comme on le prétend souvent, la religion nationale japonaise ? Est-il même une religion ? Ce concept de religion, que le christianisme a élaboré pour se dire lui-même à l’époque de Constantin [] , est d’introduction récente au Japon. Le mot shûkyô 宗教qui traduit notre mot religion, n’apparait qu’à l’époque Meïji 明治( 1868- 1912) sans pour autant refléter vraiment la réalité japonaise, le shintô神道 . Le choc de la rencontre d’alors , avec la civilisation occidentale, contraint le Japon à utiliser cette notion de religion car toute civilisation se doit d’en posséder une comme cœur identitaire. Le contexte nouveau déboucha sur une situation inédite, le Japon se retrouva avec deux religions traditionnelles, souvent pratiquées par les mêmes personnes : le shintoïsme dont les empereurs Meïji ont voulu faire le véritable système natif et identitaire national, et le bouddhisme, la religion venue de l’étranger, de la Chine中国 et de Corée韓国. Dans nos catégories de pensée, le shintoïsme avec ses milliers de divinités ( les kami 神), nous apparaît comme un polythéisme dénué de tout dogme, de toute foi, de toute théologie construite… nous sommes loin du contenu classique de ce que nous appelons religion .

b- Contrairement à ce qui est souvent affirmé un peu trop rapidement, le shintoïsme n’est pas la religion traditionnelle du Japon. Si certains noms de divinités remontent en effet à la nuit des temps, cela n’implique pas forcement l’existence d’une religion au sens d’un système institué. Le mot shintô qui n’apparait pour la première fois qu’en 720 dans les Annales du Japon (Nihon Shoki日本書紀 ) pour qualifier la vénération des divinités, ne renvoie aucunement à une religion organisée. Cette époque de vénération des kami est parfois abusivement qualifiée de shintô ancien au lieu de « culte des divinités ».

C’est l’arrivée du bouddhisme au Japon à partir de 522 qui vint bouleverser la donne par un double effet :

  • d’amalgame entre des pratiques anciennes et les nouveautés venues de Chine et de Corée.
  • de réaction de défense nationaliste des éléments disparates du culte des divinités, qui s’organisa progressivement en un système qui prit le nom de shintô : la voie des dieux. Cela n’est net qu’à partir du XIIIe siècle seulement.

L’expression shintô, d’origine chinoise, est constituée de deux idéogrammes : shin qui désigne la divinité et dao (écrit et prononcé tô) pour dire la voie, le chemin vers. Littéralement, le shintô est le chemin vers les divinités . Les Japonais utilisent également l’expression Kami-no-michi 神の道pour désigner cette voie vers les divinités . Le concept est donc chinois, c’est le même que dans taoïsme, l’autre voie . Historiquement, il n’y a de shintoïsme qu’après l’introduction du bouddhisme au Japon, c’est-à-dire, à l’époque médiévale. Pour être encore plus précis, ce n’est qu’à l’époque d’Edo (1603-1867), c’est-à-dire la période juste avant celle du Meïji, que le shintô s’érige vraiment en système religieux autonome.

La grande faiblesse du shintô face au bouddhisme fut pendant longtemps son mutisme sur l’au-delà. Pour y remédier, fut élaborée début XXe siècle avec Hirata Atsutani, une cérémonie spécifique – le shinsôsai-. Les habitudes étant prises, la plupart des Japonais préfèrent le rituel bouddhique pour leurs cérémonies funéraires, et cela est toujours le cas de nos jours .

2- Le shintoïsme est-il un animisme ?

a- La tentation est de répondre par l’affirmatif, et cela pour au moins deux bonnes raisons :

  • De nombreux objets naturels, tel arbre, tel rocher, tel site …, sont vénérés au point d’affirmer qu’il existe un véritable culte de la nature. Parmi les clichés assez connus, retenons cette étonnante cordelette de pailles de riz tressées qui sépare, tel arbre ou tel rocher, du monde profane. L’arbre vénérable en question ne se nomme t-il pas en japonais, l’arbre des dieux- shinmoku- ? C’est un peu comme l’arbre aux fées des forêts enchantées de notre occident .
  • Des écrivains japonais eux-mêmes ont utilisé ce terme d’animisme ( animisumu) pour bien signifier à l’Occident, que le Japon des années 60 et 70 avait retrouvé, grâce au miracle économique d’alors, toute sa fierté nationale et pouvait de ce fait, dire ainsi sa spécificité dont il n’avait plus à avoir honte . Ainsi, le shintô, la voie des dieux, installé au centre du processus identitaire japonais, se pose comme un animisme face aux religions des autres, des étrangers. Cette appellation est donc une façon de cultiver sa différence .

b-Seule une analyse plus fine peut nous amener à nous interroger sur la réelle pertinence de cette étiquette d’animisme .

  • Certes, les éléments naturels les plus souvent divinisés sont ceux dont l’homme a le plus besoin dans le quotidien, comme l’eau (penser aux rizières bien sûr), le soleil, le feu…, mais on ne peut réduire le shintô à ce seul aspect des choses, car, de fait, les trois divinités les plus célébrées dans les sanctuaires shintô ne sont pas issues de la nature . Il s’agit de :
    • Hachiman Dai-Myôjin, kami très populaire vénéré dans près de 25000 sanctuaires, honoré en fait comme un bodhisattva.
    • Inari, à l’origine dieu de la croissance du riz, tantôt masculin tantôt féminin, ce kami devint tellement populaire qu’il est le protecteur de très nombreux groupes, aussi disparates, que les commerçants, pompiers ou prostituées .. Divinité polyvalente qui emprunte autant au bouddhisme qu’au shintoïsme . Son messager, ou elle-même parfois, est représenté par un renard., C’est la divinité syncrétique par excellence. Inari Tenjin, l’un des rares hommes anciens divinisé, patron des lettrés .
  • Le concept d’animisumu qui « correspond à une vision assez angélique d’un Japon où régnerait le respect de la nature  [] », ne correspond pas exactement à ce que nous entendons par animisme. Au XIXe siècle, nous, occidentaux colonisateurs, avons classé les religions du monde, de sorte que l’animisme ne représentait que le tout premier degré d’une hiérarchie dont le sommet était occupé par les religions révélées et in fine par le christianisme. L’animisme était donc perçu comme une croyance encore primitive. A l’opposé, de nombreux anthropologues contemporains reconsidèrent l’animisme et le positionnent comme une façon particulière de voir le monde, présente à toute époque, sans aucun jugement de valeur. Ainsi conçu, l’animisme serait un mode de perception du réel où la nature est régie par des esprits analogues à la volonté humaine. La croyance, pour employer ce terme usuel, n’est pas ici article de foi ou de dogme, mais relève de l’expérience vécue . Il ne saurait non plus y avoir de transcendance .

Ainsi donc, si indéniablement dans les origines lointaines du shintoïsme, il y eut un apport animiste et chamanique venu des régions de l’Altaï par exemple, sa constitution en un système autonome résulte de syncrétismes complexes. Le shintô actuel ne peut se réduire à une catégorie convenue d’animisme, de culte de la nature, voire de culte des ancêtres . Il est en fait multiforme, spécifique au Japon, inclassable dans nos catégories que l’on voudrait universelles. La déesse Ianari est un bel exemple de ce syncrétisme .

3- Comment dans le Japon actuel est vécue cette voie vers les dieux ? On peut s’étonner, a priori, de la vitalité du shintô dans ce Japon contemporain, où le shopping débridé semble bien cacher un mal-être spirituel profond.

a- Pour tenter de comprendre, revenons un instant sur les récents traumatismes subis par le Japon .

L’époque Meïji fut celle de la rencontre brutale avec l’Occident dominateur. Le Japon comprit alors qu’il lui fallait réagir et se hisser au même plan que l’Occident s’il ne voulait pas subir le sort des autres pays d’Asie. Le choix fut fait par l’empereur d’un Shintô d’État, d’un système officiel où ces vieilles traditions seraient contraintes de soutenir la nouvelle politique du pays. Le nouvel État-Nation se servit du shintô comme d ’une religion civile. L’empereur présenté comme le descendant de la déesse soleil fit du Japon un pays divin . Que l’on se remémore la farouche résistance des soldats japonais [] lors de la défense de leur sol sacré en 1945 !, Pour la première fois, l’empereur est l’objet d’un culte dans des sanctuaires desservis alors par des fonctionnaires. Le shintô d’État est au cœur de la politique nationaliste de l’entre deux guerres.

Dès le mois de décembre 1945, le vainqueur américain mit fin à ce shintô officiel qui « innervait toute la nation via l’école et l’institution familiale [] » . La constitution de 1947 installa une séparation de la religion et de l’État. Le shintô traditionnel redevenu simple religion se réorganisa en février 46 sous forme d’une fédération, l’Association des sanctuaires shintô – Jinja honchô-. Les Américains, qui dans un premier temps pensèrent interdire le shintô afin de le punir de son soutien à l’impérialisme nippon, optèrent finalement pour une politique de liberté religieuse, et surtout pour une attitude qui n’affaiblirait pas le système impérial, seul garant de la cohésion nationale. L’empereur , d’ailleurs, ne fut pas inquiété par le tribunal allié. []

b-Le Japon contemporain demeure fortement marqué par cette époque du shintô officiel .
- De nombreuses habitudes perdurent au-delà du texte constitutionnel de séparation religion-État . Il en est ainsi d’un sujet fâcheux, mais toujours d’actualité : de nombreuses personnalités politiques japonaises, ont l’habitude depuis la fin de la guerre, d’aller se recueillir officiellement au sanctuaire de Yesukuni au nord de Tokyo, sur les stèles des soldats morts pour l’empereur lors de la seconde guerre mondiale . Or, parmi les morts pour la patrie, figurent de nombreux criminels de guerre exécutés suite à une condamnation par un tribunal américain de Tokyo. Tous ces soldats morts au combat ont été divinisés selon une pratique récente créée seulement au Meïji.
- De nombreuses pratiques actuelles du shintô sont les héritières directes du shintô officiel d’avant guerre . Ce shintô national apparaît de plus en plus comme la spécificité identitaire du pays . Par ces temps de crise actuels, l’accentuation d’une certaine xénophobie ne peut que renforcer cette tendance nationaliste . Ce shintô nationaliste, qui consiste en une vénération de la terre du Japon et de ses héros, est un peu l’équivalent aux USA du patriotisme exprimé religieusement lors de journées comme l’Independance day ou le Memorial Day .
- Ce mouvement converge également avec la nécessité récente d’apparaitre comme le pays de l’écologie, de l’harmonie avec la nature, par contraste avec d’autres pays encore largement indifférents à cette question environnementale .

c- Quelles sont les pratiques shintô actuelles les plus caractéristiques ?

Pour la grande majorité de la population, le regain actuel de pratiques shintô s’exprime essentiellement par une fréquentation soutenue des sanctuaires, petits et grands, au rythme du calendrier festif et selon les besoins personnels . Un dicton populaire affirme que l’on « sollicite les dieux uniquement en cas de difficultés » (En japonais : komattatoki kamidanomi困った時神頼み ).
- *Ces dieux, qui sont-ils exactement ? La réalité du mot Kami est difficile à rendre en français . Il s’agit d’énergies, d’esprits, de forces supérieures à l’homme . Sont déclarées kami, les forces naturelles, comme le vent, l’eau, mais aussi, tout ce qui semble mystérieux, redoutable, la mer, la montagne, le volcan, les rochers, le bois … on prétend qu’il existe huit millions de kami ! Rappelons que le chiffre huit, dans la mythologie japonaise, est symbole de la multitude . Dans la vie courante, ce sont surtout les forces tutélaires du lieu où l’on vit qui sont vénérées, dans des temples de quartiers, voire de magasins ou d’usine . Si certains clans japonais prétendent descendre d’un ancêtre kami, donc d’un humain divinisé, il ne s’agit pas pour autant d’un culte des ancêtres car tout ancêtre n’est pas forcement un kami . Il n’y a pas de divinité suprême comme dans les mythologies gréco-romaines, le ciel, contrairement à la Chine voisine, n’est pas une divinité. Certes, les kami qui sont censés résider dans le ciel, descendent régulièrement sur la terre nipponne pour rendre visite aux sanctuaires. Le kami n’est ni bon ni mauvais, mais il peut néanmoins devenir irascible ! De fait, il inspire un sentiment de crainte respectueuse . Le plus souvent, on le prie pour obtenir la réalisation d’un souhait . A cette occasion, l’on prend soin de lui présenter une offrande en frappant dans ses mains pour attirer son attention, car le kami n’est pas omniprésent .
- *Que sont les lieux de culte shintô ?

A l’origine, dans le cadre d’une civilisation rurale, le lieu de culte n’était qu’un simple espace carré délimité par des piquets de bambou entre lesquels on tendait des cordelettes de pailles de riz tressées . A l’intérieur de cet espace ainsi sacralisé, le kami était censé résider, soit dans un arbre, soit dans un rocher …

Actuellement encore, le sanctuaire shintô est délimité par une enceinte que l’on franchit par un portique ( un tori) []. constitué de deux piliers verticaux surmontés de deux poutres horizontales. Le sanctuaire est ouvert à tous, le tori n’est nullement une fermeture, même s’il assume la fonction symbolique d’une séparation entre espaces sacré et profane . Parfois le tori sert d’ex-voto offert par une famille reconnaissante et, dans ce cas, on peut avoir une série impressionnante de milliers de torii formant ainsi une sorte d’ allée couverte. Une fois le tori franchi, le chemin qui mène au sanctuaire évite d’être trop direct, on préfère des zig-zag [] ou des escaliers, car le chemin du pèlerin doit être marqué par l’effort . A la campagne comme en ville, ces silhouettes de torii se voient de loin, marquent le paysage, comme les clochers d’églises dans nos paysages occidentaux .

Le sanctuaire est surveillé par des gardiens, les komainu 狛犬, sorte de monstres de pierre ressemblant le plus souvent à des lions . Les statuettes d’animaux sont fréquentes, l’animal le plus courant est le renard Inari, divinité liée au riz. Inari 稲荷 est vénéré non seulement par des riziculteurs mais également par le grand public soucieux de réaliser de bonnes affaires .

Les antiques cordelettes de pailles de riz tressées sont toujours présentes ( les shimenawa), suspendues à un portique, ou à un arbre kami. Les quatre bandelettes de papier blanc accrochées à ces cordelettes symbolisent la purification, la sacralisation du lieu . Le sanctuaire à proprement parler sert principalement à abriter le kami du lieu, les fidèles ne pénètrent pas dans le « saint des saints », le honden 本殿. Les 79070 sanctuaires shintô recensés dans la très puissante Association des sanctuaires shintô, la plus importante organisation religieuse du Japon, reçoivent quotidiennement un flot ininterrompu de fidèles venus formuler des vœux les plus divers, de la réussite à un examen à celle des affaires financières ou commerciales. Les Japonais prient en déposant des tablettes sur des autels. On écrit son vœu sur une tablette achetée sur place et on la place, par exemple, dans un arbre, avec de nombreuses autres, pour être exaucé. Des amulettes, également achetées au sanctuaire (les omikuji御神籤 ) vous prédisent votre avenir. Des amulettes se rencontrent également hors des sanctuaires, dans une vitrine de magasin , dans le train …

Certains moments de l’année, comme le premier de l’an, sont également l’occasion de grands rassemblements pour une première visite. C’est par exemple le cas en plein Tokyo dans la petite forêt qui entoure le sanctuaire Meiji, ou encore du monastère Sensôji situé dans le quartier populaire d’Asakusa.. On adresse au kami local le vœu d’une année heureuse et réussie .Tous les événements joyeux de la vie des Japonais, de la naissance au mariage, passent par ces sanctuaires shintô. Le shintô qui ne connait pas de dogmes, de spéculations sur l’au-delà, se résume en une série de rituels où l’essentiel consiste à réaliser une harmonie entre l’homme et les forces environnantes. Cette harmonie est conçue comme une pureté intérieure et extérieure : l’entrée dans un sanctuaire est précédée d’un geste de purification avec de l’eau, les bains tiennent une grande place dans la vie quotidienne des Japonais . Lors des grandes cérémonies nationales, des processions festives sont organisée, les matsuri,x 祭り, [] au cours desquelles chacun exprime simplement ce bonheur d’être. Le parc et les jardins du sanctuaire sont le lieu de promenade privilégié des familles le dimanche.

  • La cérémonie du mariage . Elle peut se dérouler indifféremment selon des rites religieux différents : shintô, bouddhiste ou chrétien, cela indépendamment de la « religion » des mariés .( Pour le mariage chrétien , voir l’article sur le christianisme au Japon ). La cérémonie la plus populaire est celle qui relève du shintô. La célébration menée par un prêtre shintô se déroule dans une pièce spéciale – dans les grands temples- , elle commence par un rituel de purification reçu par les membres des deux familles assis de part et d’autre d’une longue table, tandis que les futurs mariés se tiennent au centre de la pièce, dos à dos . Le prêtre annonce le mariage au kami et des coupes de saké sont échangées comme serment de mariage. Ce rituel central, San-San-ku-do ( littéralement trois fois trois) est le moment fort de la cérémonie . Après lecture par le célébrant du serment de leur union, les mariés offrent au kami des branches de sakaki, s’inclinent par deux fois, frappent dans leurs mains pour attirer l’attention de la divinité, saluent une dernière fois et retournent à leur place, cette fois face à face . A son tour, l’assemblée boit le saké en trois fois, le prêtre félicite les nouveaux mariés, chacun s’incline et sort . La cérémonie est terminée .
    - Pour visionner quelques photos de la cérémonie de mariage ainsi que d’autres faits liés au shintô, voir le site internet http://jacques.prevost.free.fr/cahi…

Nous mesurons ici la part dévolue au shintô, celle qui consiste à s’occuper de la gestion des problèmes de ce bas-monde : récolte, richesse, santé … Ce créneau d’activités, si l’on peut s’exprimer ainsi, lui a été laissé par le bouddhisme qui n’a pas souhaité, ou n’a pas pu, supplanter cette influence populaire solidement enracinée des kami. Shintoïsme et bouddhisme vivent en fait dans une grande symbiose, à tel point que la plupart des fidèles ne savent plus très bien si leur offrande et prière s’adresse à tel kami ou à tel bodhisattva . Peu importe au fidèle, l’essentiel est de faire vivre des coutumes que l’on croit toutes ancestrales ( alors que certaines ne datent que du Meiji). Pour beaucoup de Japonais, ces rituels ne relèvent pas du religieux mais seulement de la tradition au sens large . Une tradition qui innerve tous les aspects de la vie quotidienne, des rituels de combats de sumo, au théâtre Nô où sont représentées des légendes épiques d’inspiration shintô. Il n’est pas rare de voir un prêtre shintô venir « bénir » telle usine ou tel chantier dans un quartier en plein centre ville. Ce shintô très populaire est un bon marqueur de paysage comme d’identité . Dans le sumo, les rites sont largement aussi importants que le sport lui-même. L’arbitre, vêtu comme un prêtre shintô (grande robe blanche et mitre noire) veille à ce que les lutteurs jettent bien la poignée de sel qui va purifier l’arène et se balancent d’un pied sur l’autre pour écarter les forces maléfiques .

La pratique du shintô, on l’aura compris, ne résulte pas d’une démarche de choix individuel, mais simplement d’une participation à la culture traditionnelle et identitaire du pays . La composante nationaliste n’est jamais loin .

Face à un interlocuteur occidental, le Japonais est surpris d’apprendre que nous classons le shintô dans le registre du religieux, il s’étonne de notre étonnement à l’égard de pratiques que nous jugeons superstitieuses, il ne répondra pas à notre demande d’explication rationnelle, tout simplement parce que cette question du pourquoi lui semble incongrue, l’essentiel étant de pratiquer …. parce qu’il en a l’habitude ! L’indifférence religieuse est une caractéristique importante de l’actuelle société japonaise, les pratiques shintô relèvent donc bien essentiellement de la tradition. Le passé récent du shintoïsme permet en partie de comprendre pourquoi il est difficile de considérer cette voie vers les dieux comme une religion . Au temps Meiji, le système du shintô d’État ( Kokka shintô国家神道 ) exclut le shintô de la liste des religions, au mépris de la liberté religieuse inscrite dans la constitution . Le culte des divinités fut érigé en devoir civil obligatoire . Ainsi, contrairement au bouddhisme devenu religion, le shintoïsme ne le devint qu’en 1946. L’habitude était prise de le percevoir sur un autre mode.

Article suivant sur le Japon : le bouddhisme japonais

Christian BERNARD


] C’est le cas par exemple de l’ouvrage récent, fort intéressant par ailleurs, de Jean-Christophe ATTIAS et d’Esther BENBASSA intitulé « des cultures et des dieux » chez Fayard, Or, précisément ce pays au multiples dieux et à la culture bien spécifique est bizarrement absent du chapitre sur les religions d’Asie.

[] Par un curieux hasard, la Maison de la culture du Japon à Paris, quai Branly, se trouve à deux pas du tout nouveau Musée des arts premiers.

[] C’est tout le travail original de Maurice SACHOT, L’invention du christ, genèse d’une religion, éditions Odile Jacob, 250 p., 1997

[] MACE François, le « shinto », une religion première au XXIe siècle ? Revue Sciences Humaines, Grands Dossiers n° 5 « Aux origines des religions », déc.2006-janvier-février 2007

[] Le mot kamikaze ( ou l’on retrouve ce terme de kami – littéralement « vent divin » désigne primitivement des vents considérés comme divins, car, en 1274 et 1281, ils détruisirent les flottes coréano-mongoles et ainsi sauvèrent le Japon d’une invasion étrangère. Tout naturellement en 1944, face au manque d’avions, les pilotes-suicides (2000) prirent-ils ce nom de kamikaze.

[] BERTHON Jean-Pierre, « Religiosité et religions contemporaines », in Le Japon contemporain, sous la direction de Jean-Marie BOUISSSOU, Fayard, 608 p., 2007, p. 394.

[] L’Empereur Hirohito s’exprima à la radio pour la première fois le 14 aout 1945 pour annoncer la fin de la guerre de sa défaite. Ce discours, enregistré la veille sur phonographe dans une langue archaïque, celle de la cour, difficilement compréhensible par le peuple japonais, est connu sous le nom de Gyokuon-hoso. ( ce qui signifie : bijou de voix radiophonique) . Le discours est disponible sur internet, notamment sur YouTube.com. Même si l’on ne comprend pas , il est émouvant d’entendre cette voix , celle d’un empereur considéré comme un dieu . C’est d’ailleurs, au cours d’un autre discours radiodiffusé, celui du 1er janvier 1946, qu’ Hirohoto annonça qu’il renonçait à sa nature « de divinité à forme humaine ». Désormais, il n’était que le « symbole de l’État » par le bon vouloir des Américains

[] Le tori serait pour certains le symbole du perchoir du coq qui annonce le lever du soleil, coq se dit en effet tori, pour d’autres, le tori figure le kanji du ciel . Les torii sont souvent en bois peint de rouge ou d’orange et noir

[] En Chine, les esprits maléfiques sont réputés être incapables d’avancer dans un chemin en zig-zag

[] Les matsuri,( rites, festivités) qui ont lieu le plus souvent aux beaux jours sont des fêtes locales avec processions joyeuses de chars, danses dans les villages, Le caractère religieux (visite de sanctuaire, vénération de divinités..) n’est pas exclusif. C’est surtout l’occasion de passer de bons moments avec ses amis

 

 

Le Japon contemporain, pourtant deuxième puissance économique mondiale, entretient avec l’extérieur des rapports ambigus : ouvert sur le monde certes, ce même Japon ressent de plus en plus le besoin d’affirmer son identité nationale spécifique.

L’occidentalisation qui touche désormais de nombreux aspects de la vie quotidienne n’exclut pas une certaine xénophobie. L’archipel japonais a pourtant toujours été soumis tout au long de son histoire à des influences extérieures, entre autres, chinoises avec la venue du confucianisme et du bouddhisme, et occidentale, avec le christianisme.

Le christianisme est extrêmement minoritaire au Japon, certainement à peine 2% de la population confessent cette religion. Cette situation marginale ne fait pas problème majeur pour les Eglises instituées qui cherchent plus de nos jours à faire « signe » qu’à faire nombre . Cependant, cette attitude est récente et, nous allons voir que dans le passé il en fut tout différemment .

1 – La première implantation du christianisme au Japon remonte au XVIe siècle , elle résulte de la prédication active de l’un des fondateurs de la Compagnie de Jésus, François-Xavier.

Après quelques années passées dans les comptoirs portugais de l’Inde, il décide de poursuivre son œuvre évangélisatrice plus à l’est, dans le comptoir de Malacca , et de là, il tente l’aventure au Japon où déjà quelques négociants portugais et espagnols étaient présents, mais sans prosélytisme . A partir de 1549, François-Xavier qui obtient l’accord des autorités locales au sud de l’île de Kyushu, prêche en japonais ( langue qu’il découvre) et fonde ainsi les premières communautés chrétiennes dans ce pays. Comprenant qu’une grande partie de la culture japonaise était venue de Chine, il tente l’aventure dans ce nouveau pays, mais échoue : la Chine des Ming est totalement fermée aux étrangers. A la mort de François-Xavier (1552 à 46 ans), les fondements de l’évangélisation du japon étaient posés.

L’implantation chrétienne se fit surtout dans le sud du pays, l’île de Kyushu et la ville de Nagasaki resteront longtemps les pôles majeurs du christianisme japonais. La christianisation n’a pas été fulgurante, nous ne sommes pas ici dans un territoire colonial mais dans un espace fragmenté où chaque potentat « féodal » fait sa loi dans un contexte politique constamment troublé par des guerres civiles. La tâche de François-Xavier n’a pas toujours été facile, le terrain est parfois hostile, lui-même a failli être lapidé à Kyoto pour avoir dénoncé les « idoles ».

Même si cette influence chrétienne semble modeste, elle est bien supérieure à ce qui se passe dans les autres pays d’Asie, Inde, Cambodge, Siam…Début XVIIe siècle, la communauté chrétienne japonaise est la plus importante d’Asie. Pourquoi ce succès relatif ?

Au-delà d’une certaine séduction offerte par cette religion à salut, se mêlent alors chez les féodaux qui se convertissent, des considérations autres que religieuses : économiques et militaires ( le commerce avec les Portugais qui fournissent les précieuses arquebuses , armes bien supérieures aux simples escopettes de bronze chinoises), mais aussi tactiques dans le jeu des influences ( le petit lobby chrétien comme contrepoids aux grands monastères bouddhiques ).

A l’inverse, la christianisation est freinée par des facteurs d’ordre divers qui vont du manque de moyens financiers et humains (rareté des missionnaires jésuites), de l’hostilité récurrente du clergé bouddhiste, au climat d’instabilité politico-militaire qui régulièrement implique des Jésuites dans les conflits inter féodaux.

Parmi les missionnaires de cette époque, deux noms au moins émergent particulièrement :
- Le premier est le jésuite portugais Luis Frois ( 1532-1597) qui demeura au Japon de 1563 à sa mort. On lui doit, entre autres, un journal intime relatif à son activité de missionnaire, et une étude anthropologique de grand intérêt sur les moeurs comparées des japonais et des occidentaux de cette fin XVIe siècle.
- Le second est le jésuite italien Alessandro Valignano ( 1539-1606), visiteur général des missions d’Orient. Il réorganisa totalement la mission japonaise en y introduisant les théories de l’adaptation bien avant que Matteo Ricci ne le fasse en Chine (une organisation calquée sur la hiérarchie du bouddhisme zen fort respecté alors, et, l’obligation pour tous d’apprendre le japonais []). Alessandro Valignano fonde deux séminaires afin d’établir un clergé japonais ( une grande nouveauté stratégique). Le premier jésuite japonais est ordonné en 1601 ( les candidats étaient issus des familles samouraï). Il fit également venir d’Europe une imprimerie et du personnel spécialisé, pour publier des ouvrages en écriture Katakana, et ce, afin de lutter contre une éventuelle rivalité anglaise jugée hérétique. Fort de ces succès, il envoya en Europe une ambassade composée de quatre jeunes nobles convertis (Lisbonne, Madrid, Venise où le Tintoret fit leur portrait, puis enfin Rome) qui obtint du pape Sixte V la création du premier diocèse japonais ( à Funai).

2 – Cette période faste pour la christianisation du Japon va trouver une fin assez brutale début XVIIe siècle.

Si des difficultés ont toujours existé (nombreuses révoltes populaires et expulsions de Jésuites suite à des destructions de temples et de statuettes bouddhiques), ce n’est qu’en 1614 , avec l’Edit de persécution, que les vrais problèmes commencèrent.

Le contexte politique japonais a changé : un chef de clan, Tokugawa Ieyasu, après avoir éliminé ses rivaux et placé ses proches, obtint de l’empereur le titre de Shôgun [] en 1603. Il transféra sa capitale à Yedo ( l’actuelle Tokyo), tandis que l’empereur est désormais cloîtré à Kyoto .

Après avoir accepté , dans un premier temps, de signer des accords avec les « nouveaux européens » récemment arrivés au Japon : Espagnols et Hollandais, Tokugawa Ieyasu va interdire, sous l’influence du moine bouddhiste zen Suden, toute activité chrétienne sur le territoire japonais.

L’Edit du 27 janvier 1614 vise l’éradication totale du catholicisme en plein essor depuis quelques années : Nagasaki, la « petite Rome » du Japon venait d’achever la construction de la cathédrale de l’Assomption pour ses 40 000 fidèles.

L’influence chrétienne est désormais jugée néfaste, voire dangereuse pour le pays : le christianisme ne révère t-il pas un condamné ? La morale confucéenne reproche aux missionnaires chrétiens non seulement d’avoir abandonné leurs familles mais aussi de prôner le célibat, ce qui est contraire à l’éthique de loyauté et de piété filiales préconisée. Le christianisme ne risque t-il pas d’accentuer la présence portugaise et espagnole au risque d’une dépendance, voire même d’une sujétion ? Le christianisme est ainsi perçu comme le cheval de Troie des catholiques occidentaux.

Le Japon est présenté comme la terre du Bouddha et des Kam [], le christianisme est un corps étranger à la tradition, aussi, les convertis japonais sont-ils fortement invités à abjurer. Les églises sont détruites, les missionnaires exilés ou exécutés [].

Les persécutions se durcirent à partir de 1633 sous le Shogounat de Iemitsu qui ferma totalement le pays à tout navire étranger et soumit les chrétiens cachés à d’horribles tortures ( plus d’un millier de suppliciés). Ces brutalités déclenchèrent la rébellion de Shimabara en 1637-38. Cette péninsule majoritairement chrétienne et pauvre du fait d’une très forte pression fiscale, s’insurgea. Cet événement qui se solda par 37 000 victimes attisa les tensions entre le pouvoir japonais et les étrangers occidentaux, accusés d’aide à la subversion [] . Les quelques jésuites et franciscains restés cachés au Japon furent arrêtés, torturés et exécutés.

3 – Le Japon se ferme totalement de 1639 à 1854.

Plus aucun navire japonais ne peut partir pour l’étranger et en sens inverse, c’est la fin de la présence des commerçants occidentaux ; seul un navire annuel hollandais est autorisé à débarquer sur l’îlot artificiel de Deshima construit à cet effet dans la baie de Nagasaki, dans des conditions humiliantes et sans aucune menée prosélyte.

Parallèlement, est mise sur pied en 1640, une police secrète [] dont la finalité est l’éradication totale des chrétiens du sol japonais . Il est fait appel à la délation de chrétiens, et malheur à la communauté villageoise qui ne s’exécute pas . Une surveillance des parentés d’apostats est mise en place avec la prétention d’aller jusqu’à sept générations !. L’instrument principal de cette politique est constitué par la mise en place d’une cérémonie très particulière, l’e-fumi. C’est une cérémonie annuelle qui se déroule à Nagasaki et au cours de laquelle les suspects de christianisme doivent piétiner une image (fumi-e) soit de la Vierge Marie soit du Christ , afin de prouver leur non appartenance au christianisme. Beaucoup refusèrent d’apostasier, ce qui conduisait ces martyrs à la torture et à l’exécution sur le mont Unzen.

Toute cette réglementation affichée dans chaque temple vise à susciter le rejet du christianisme par la population.

Malgré cette sévère répression, certains chrétiens continuèrent à pratiquer en secret, ce sont les « chrétiens cachés » (Kakure Kirishitan) ou « vieux chrétiens ».

Durant cette période de fermeture du pays, ce culte chrétien s’exerce sans prêtre, sans sacrement, sans écrit. Pour subsister, il joua de subterfuges. Le « dieu des débarras » est vénéré comme l’on peut, clandestinement au fond des maisons, l’on prie secrètement la Vierge Marie sous la forme d’une statuette du boddhisattva Kannon, figure de la compassion dans le bouddhisme japonais. Globalement, l’influence bouddhique est forte sur ce culte chrétien clandestin, notamment quant au culte des ancêtres célébré, et en août (bouddhisme) et à la Toussaint ( chrétiens). Cette religion métissée survit de nos jours dans quelques îlots du sud du Japon ( Ikitsuki-Shima au nord-ouest de Kyushu) où quelques centaines de personnes pratiquent en secret ( Kakure), sont baptisées avec des prénoms espagnols ou portugais bien que réputées officiellement bouddhistes. Ces « Kakure » refusent de se fondre dans l’Eglise officielle actuelle où ils ne se reconnaissent pas.

Cette période de fermeture du Japon, à tout commerce, à toute influence extérieure, entraîna un net appauvrissement culturel, un grand retard sur le développement par rapport à l’occident . Or, la logique d’exclusion se nourrit elle-même : le Shôgun craint même le confucianisme, qui, en toute logique, souhaite une restauration impériale conforme « à l’ordre établi ». Bref, de nombreux chefs de clans sont de plus en plus attentifs à la pression occidentale visant à ouvrir le pays.

Ce sont les Etats-Unis, qui dans leur grande conquête de l’ouest, frappent à la porte du Japon, et lui imposent en 1856 une série de traités. En 1867, le dernier Shôgun remet ses pouvoirs à l’empereur Mutsuhito, commence alors l’époque Meiji, celle du japon moderne.

4 – Avec l’époque Meiji [](1868-1912), les Japonais retrouvent la liberté religieuse, aussi le christianisme fait-il son retour au Japon.

Cette seconde vague est différente de la première, ce sont désormais les églises protestantes, pour la plupart d’origine américaines, qui dominent. C’est un christianisme différent de celui des jésuites ibériques, il est plus orienté vers l’action sociale et éducative ( création de l’université privée Doshisha en 1875, première université à admettre des femmes). L’Armée du Salut ( 1895) se lance dans une intense activité sociale. Les jésuites reviennent au Japon début XXe siècle et fondent l’université Sophia à Tokyo.

Néanmoins, malgré la liberté constitutionnelle de pensée et de culte, le christianisme demeure lié à l’occident dans l’esprit des dirigeants japonais qui encouragent fortement les cultes dits nationaux. Des évènements comme la guerre russo-japonaise de 1905 accentuèrent encore ce repli nationaliste. Ce mouvement culmina avec le Shintô d’Etat imposé par les militaro-nationalistes d’entre les deux guerres qui conduisirent le pays à sa perte.

Néanmoins, dans le grand vide spirituel de l’après guerre, nombre de Japonais préfèrent adhérer à des dizaines de mouvements syncrétiques appelés les « nouvelles religions », plutôt qu’au christianisme [] jugé étranger et incompatible avec l’identité japonaise.

5 – De nos jours, tous mouvements confondus, les chrétiens sont certes très minoritaires mais actifs dans le pays.

Les protestants, issus du prosélytisme hollandais et américain, sont regroupés dans « l’Association japonaise des chrétiens » ( Nippon Kirisuto Kyôdan). Les communautés catholiques fortes de leurs 1667 prêtres ( âge moyen de 61 ans) forment « l’Association japonaise des chrétiens catholiques » ( Nippon Tenshûkyô Kyôdan). Une petite communauté orthodoxe rattachée canoniquement au patriarcat de Moscou, autonome depuis 1970, de rite byzantin en langue japonaise, constitue un lien ténu avec le voisin russe . Les orthodoxes sont essentiellement à Tokyo où se trouve leur cathédrale Saint Nicolas.

Petit fragment de la population japonaise certes, mais avec plus d’un million de fidèles, les catholiques n’ont jamais été aussi nombreux. En leur sein, les catholiques japonais sont récemment devenus minoritaires face à l’arrivée de migrants issus des Philippines, du Brésil et du Pérou . Ces migrants qui possèdent inégalement la langue japonaise posent parfois des problèmes d’intégration au groupe catholique. Désormais, l’Eglise catholique du Japon est pluri-ethnique et multiculturelle, ce qui n’est pas bien en accord avec les valeurs de l’identité japonaise.

Comme l’ensemble de la société japonaise, les communautés chrétiennes sont touchées par le vieillissement, par la sécularisation liée à la modernité. Le nombre des pratiquants réguliers diminue, il n’est plus que de 500 000. Le nombre annuel des baptêmes, de 5 000 dans les années 90, est tombé à environ 4 000.

Ces nouvelles données inquiètent bien entendu les autorités religieuses chrétiennes qui s’interrogent sur l’avenir du christianisme au Japon, mais, le principal danger à leur avis vient d’ailleurs, d’un durcissement du nationalisme japonais. La conférence des évêques catholiques du Japon vient de lancer un appel contre le danger de résurgence d’une collusion entre le Shintô, l’Etat et le nationalisme renaissant . Ce cocktail rappelle d’autres époques sombres.

***

En ce début de XXIe siècle, si la grande majorité des Japonais n’adhère pas à la religion chrétienne, elle est cependant très friande des rituels du mariage chrétien. Outre l’inévitable rite shintô, de nombreux jeunes mariés louent les services d’un prêtre, pour le « folklore » du mariage à l’occidental. La « cérémonie » peut se passer dans une petite chapelle, spécialement construite à cet effet, dans un supermarché ou dans un grand hôtel. Le « marché » devient tellement lucratif que l’on voit apparaître des faux prêtres pour l’occasion.

Cette attitude souligne bien l’ambiguïté des rapports que le Japon entretient avec l’occident sur le plan religieux. Fortement désireux de conserver un mode de vie purement japonais, il y a un rejet des idées dogmatiques, de toute notion de transcendance, ce qui n’empêche pas nombre de Japonais d’être sensibles à l’émotionnel religieux, voire au romantisme occidental.

La greffe monothéiste ne prend pas vraiment au Japon malgré les grands espoirs initiaux de François-Xavier. Ce constat englobe bien entendu le judaïsme, quasi absent, et l’islam, qui, avec ses 40 000 fidèles et sa mosquée de Tokyo, est tout de même en expansion grâce à l’immigration .

Christian BERNARD

 

Les pratiques religieuses japonaises sont difficiles à cerner pour l’occidental trop habitué aux grands débats idéologiques entre monothéismes et laïcité, ou aux affrontements doctrinaux sources de bien des divisions.

Au Japon, le mot religion – Shûkyô -, est de création récente, il n’apparaît dans son sens actuel qu’à l’ère du Meiji ( 1868-1912) copié alors sur le christianisme, religion au cœur de l’ouverture sur l’occident. Shûkyô désigne de ce fait la croyance, la foi personnelle, registres non encore conceptualisés au Japon auparavant.

1 – Ce point de vocabulaire précisé va nous permettre de mieux comprendre l’apparente contradiction entres diverses données statistiques religieuses japonaises.

Tous les ans l’ Annuaire des religions (Shûkyô nenkan) publié par le bureau des affaires culturelles du Ministère de l’Education quantifie le paysage religieux, les groupements religieux y sont répartis en 4 catégories :

Religion Nombre d’adhérents (en millions)
Shintô 106
Bouddhisme 96
Christianisme 1,5
Autres 14
Il n’échappera à personne que cela fait beaucoup pour un pays de 127 millions d’habitants ! L’addition du nombre des pratiquants donne presque le double de la population ! Peuple hyper religieux ? ou absurdité statistique ?

Que disent les sondages lorsque l’on demande aux Japonais s’ils ont une religion, et laquelle ?

Pas d’appartenance bouddhisme shintoïsme christianisme
71% 13% 1% 2%

Si nous avons gardé en mémoire le sens actuel du mot religion pour les Japonais, nous comprenons que les seules réponses concernant le christianisme ont un sens, le petit 1 % d’appartenance au Shintoïsme est surprenant dans un pays où pratiquement tout le monde observe précisément le rituel shintô.

Les rituels quasi quotidiens pratiqués par l’immense majorité des Japonais n’apparaissent donc pas à leurs yeux relever du religieux. On ne se pose pas la question du croire, de la foi, de l’adhésion à des dogmes…, on pratique simplement parce que c’est la coutume. Cette forte religiosité implicite est intimement liée à la question de l’identité nipponne, et de fait, on a pu dire qu’il s’agit globalement d’une « religion de l’être japonais ».

2 – Le paysage religieux japonais résulte de nombreux apports extérieurs, essentiellement de Chine

- Seul le Shintô est originaire de l’archipel, mais son organisation actuelle est une construction récente, en réaction précisément aux apports extérieurs.
- De Chine sont venus le bouddhisme, le confucianisme et le taoïsme.
- D’occident (Portugal, Espagne, Hollande et Etats Unis), le christianisme est venu à deux reprises.

La toile de fond religieuse est organisée essentiellement par le shintoïsme et le bouddhisme. Le confucianisme et le taoïsme ne sont pas ici institutionnalisés, ce qui n’exclut pas une forte influence exercée sur la société japonaise, sur l’éthique pour le premier et sur le calendrier avec ses jours fastes ou néfastes pour le second.

Dans la vie de tous les jours, shintoïsme et bouddhisme se mêlent sans conflit, posture difficile à comprendre pour un occidental habitué à considérer des monothéismes exclusifs. Il n’est donc pas question de foi, d’une croyance simultanée dans le Shintô ou dans le bouddhisme, il s’agit de pratiques , non de doctrines. Visiter un temple, un sanctuaire1, formuler un vœu, adresser une prière, faire des offrandes… tout cela n’apparaît pas comme religieux, mais seulement comme la voie de la tradition.

Différentes formules ou métaphores ont été proposées pour rendre compte de cette situation originale. Selon la plus célèbre, un Japonais naît et se marie selon le shintô mais meurt dans le rituel bouddhique. La formule n’est pas inexacte à condition de ne pas commettre de contresens : il ne s’agit pas de deux adhésions successives, les Japonais pratiquent à la fois des rites shintôs et bouddhiques. Or, il se trouve que le Shintô est plus orienté sur la vie alors que le bouddhisme lui s’intéresse à la mort et à l’au-delà.

On utilise aussi parfois la métaphore plus exotique du bonsaï pour dire cette symbiose religieuse vécue au quotidien : le Shintô correspond à la racine solidement ancrée dans le terreau culturel ancien, le bouddhisme en est le tronc et toutes les autres religions constituent les différents rameaux.

3 – Le religieux au Japon est également un domaine très évolutif.

Outre les bases shintôs et bouddhiques, ou mieux, greffées sur elles, se crée une multitude de nouvelles religions : c’est la catégorie « autres » des statistiques officielles d’un pays qui a inscrit dans sa constitution de 1947 une séparation de la religion et de l’Etat.

Ces nouvelles religions sont classées selon leur ancienneté, depuis l’ère Mieji, l’on distingue :

- les anciennes nouvelles religions ( fin XIXe siècle)
- les nouvelles religions (entre les deux-guerres)
- les neo-nouvelles religions ( de nos jours)

Pour répondre à chaque traumatisme national, de nouveaux groupes religieux se sont créés, l’actuelle société, de plus en plus citadine a des besoins différents du Japon traditionnel, ce qui n’empêche nullement de conserver de vieux rituels qui n’avaient de sens que dans leur campagne natale.

Le retour du religieux, pour reprendre une expression polémique occidentale, a ici un sens différent, il ne s’agit pas d’un signe de faillite de la laïcité ou d’un besoin de retour à l’authentique, mais simplement d’un ajustement aux traumatismes vécus qui poussent à créer de nouvelles formes religieuses syncrétiques à partir des traditions.

Ainsi donc, nous le constatons, au Japon le fait religieux est omniprésent mais c’est plus une affaire de pratique, de culture identitaire que de croyance, d’où l’apparente contradiction entre une conscience de non appartenance et des pratiques quotidiennes relevant de toutes ces religions.

Ce propos introductif sur les religions au Japon sera suivi de 4 articles venant développer les principales orientations :
1 – Le christianisme au Japon
2 – Le Shintô
3 – Le bouddhisme japonais
4 – Les nouvelles religions

Lectures conseillées :
- BERTON Jean-Pierre, Religiosité et religions contemporaines, in Le Japon contemporain sous la direction de Jean-Marie BOUISSOU, Fayard, 2007, pp. 393- 413.
- FREDERIC Louis, Le Japon, dictionnaire et civilisation, Bouquins, Robert Laffont, 1114 p., 1996.
- GIRA Dennis, Les religions du Japon, in Encyclopédie des religions, Bayard Editions, 1997., pp. 1125-1145.
- HERBERT Jean, Les dieux nationaux du Japon, édition Albin Michel, , 343p. 1965.
- NAKAGAWA Hisayasu, Introduction à la culture japonaise, Libelles, Puf, 100p., 2007.
- PEREZ Teresa, BOGNAR Tibor, Japon, visages de la métamorphose, collection Mémoires du Monde, Vilo, 284 p., 2006.
- SABOURET Jean-François ( dir.) Japon, peuple et civilisation, La Découverte, 231p ., 2008.
- TESTOT Laurent ( dir.), La religion, unité et diversité, Editions Sciences Humaines, , 360p. 2005.
- VALLET Odon, Les religions extrêmes orientales, collection « une autre histoire des religions », T IV, découverte Gallimard, 127 p. 1999.

 

 

Conférences

Comprendre l’Asie (dîner-débat avec Michel JOBERT, janvier 1994, Poitiers)
par Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers

L’Asie de l’Est en mouvement (journées pédagogiques en partenariat avec l’Académie de Poitiers, ESCEM, avril 1995)
par Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers

L’entreprise dans la nouvelle économie mondiale (colloque, ESCEM, 16 mars 1996)
par Michel DRANCOURT, économiste (avec P.GAUCHON, C.CHANCEL, E.C. PIELBERG et J.MARSEILLE)

L’entreprise dans la nouvelle économie mondiale (colloque, ESCEM, 16 mars 1996)
par Pascal GAUCHON, agrégé de l’Université, directeur aux Presses Universitaires de France (avec M. DRANCOURT, C.CHANCEL, E.C. PIELBERG et J.MARSEILLE)

L’Espagne aujourd’hui (conférence publique octobre 2000, ESCEM)
par Jean-Pierre CLÉMENT, professeur à la Sorbonne (civilisations latino-américaines)

La Chine au rendez-vous de l’an 2000 (conférence publique, 17 mai 1995, ESCEM)
par Lucien BIANCO, directeur École Pratique des Hautes Études en Sciences Sociales, sinologue

La civilisation asiatique colloque “choc ou rencontre des civilisations ?” (avril 2002)
par Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers

La façade atlantique de l’Asie (conférence-débat, septembre 2004, ESCEM)
par Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers (avec E.C. PIELBERG)

La puissance japonaise, nouveaux aspects (1991, ESCEM)
journées « Temps fort Japon » par Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers

La Turquie et l’Europe (conférence, octobre 2005)
par Jean-Henri CALMON, agrégé de l’Université, historien, politologue

Le défi coréen (conférence-rencontre avec Michel JOBERT, Janvier 1994, ESCEM)
par Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers

Le système éducatif japonais (colloque, Espace Mendès-France, Poitiers, 14 mai 1996)
par Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers

Les capitalismes émergents dans le monde (colloque sur l’entreprise dans la nouvelle économie mondiale (avec M. DRANCOURT, J.MARSEILLE, et P.GAUCHON), 16 mars 1996, ESCEM)
par Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers

Les 35 heures, contrainte ou chance pour l’entreprise ? (dîner-débat, Poitiers, 1999)
par Michel DRANCOURT, économiste

Les transformations de l’Europe centrale à la lumière de la Perestroïka (conférence 1990)
par Gérard ALLONEAU, professeur agrégé et directeur de l’IUT GEA de Poitiers

Les mises au tombeau en France (février 2000, ESCEM)
conférence par Raymond BOUSQUET, directeur honoraire de la société Rocamat Atlantique

Libre échange et protectionnisme (conférence publique, 23 novembre 1998, ESCEM)
par Emmanuel COMBE, professeur Université du Havre, économiste

Mondialisation, enjeux Nord-Sud et emploi (conférence-débat, Poitiers, Espace Mendès-France, 28 mars 1997)
par Jean-Charles FISCHER, agrégé de l’Université, ancien élève de l’ENA, dir.cab. du Préfet Maritime, Brest

Mots-clés pour le brésil (ouvrage édité par ESCAP Difffusion)
de Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers, avec Jean-Pierre CLÉMENT

Occupation, Résistance et Libération dans la Vienne (conférence, mai 2000)
par Jean-Henri CALMON, agrégé de l’Université, historien, politologue

Partage du temps de travail, enjeu économique et social (conférence, ESCEM, 18 mars 1999)
par Michel DRANCOURT, économiste

Réflexions sur l’inculture et l’école (colloque sur “l’inculture aujourd’hui”, mars 2004)
par Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers

Système pédagogique et système productif au Japon (conférence pour les journées pédagogiques de l’Académie de Poitiers)
par Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers

Vers une nouvelle citoyenneté européenne ? (colloque sur “les relations interculturelles”, ESCEM, 19 mars 2004)
par Gilles FERRÉOL, professeur Universités de Poitiers et Louvain la Neuve, sociologue

Revue ESCAP (1990-92)

2092… et dans un siècle ?
Gérard ALLONEAU, professeur agrégé et directeur de l’IUT GEA de Poitiers

22 septembre 1792, la France devient une République
Gérard ALLONEAU, professeur agrégé et directeur de l’IUT GEA de Poitiers

Adela, annuaire des données économiques de l’Amérique latine
Jean-Pierre CLÉMENT, professeur à la Sorbonne (civilisations latino-américaines)

Après lecture du Zarathoustra de Nietzsche
Pierre GÉLINEAU, agrégé de l’Université, professeur honoraire de lettres classiques, Angoulême

Aristide Caillaud, peintre scolaire
Jean-Marc BERMÈS, professeur agrégé de philosophie à Poitiers

Baptême de l’Amérique
Jean-Pierre CLÉMENT, professeur à la Sorbonne (civilisations latino-américaines)

Centenaire d’Arthur Rimbaud sur une tombe
Pierre GÉLINEAU, agrégé de l’Université, professeur honoraire de lettres classiques, Angoulême

Démographie et développement économique
Gérard ALLONEAU, professeur agrégé et directeur de l’IUT GEA de Poitiers

Dix ans de pouvoir pour Margaret Thatcher
Jean-Henri CALMON, agrégé de l’Université, historien, politologue (avec C. CHANCEL)

Écologie, vous avez dit écologie ?
Jean-Claude BOURDIN, professeur Université de Poitiers, philosophe

Écrire pour le théâtre
(texte inédit) Jeanne DELHOMME, professeur émérite de l’Univesité de Paris, philosophe

Francis Bacon, la chair en peinture
Jean-Marc BERMÈS, professeur agrégé de philosophie à Poitiers

Future perspectives for the United Kingdom economy
Martin COOK et David SHUTTLEWORTH, professeurs, Nene College de Northampton

Génétique et éthique
Jean BERNARD, (professeur-) de l’Académie française, de l’Académie de Médecine

Histoire d’entreprise (Moulinex, Bouygues, Pinault)
Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers

Informatique: les virus attaquent; les maladies de la micro
Gérard ALLONEAU, professeur agrégé et directeur de l’IUT GEA de Poitiers

Jacques de Liniers, vice-roi de Buenos Aires
Jean-Pierre CLÉMENT, professeur à la Sorbonne (civilisations latino-américaines)

Joseph William Turner, le peintre de la lumière
Jacqueline DAVID, professeur d’anglais à Poitiers

L’alibi du droit international… dans l’Empire romain
Gérard ALLONEAU, professeur agrégé et directeur de l’IUT GEA de Poitiers

L’Europe du sang et des larmes
Jean-Henri CALMON, agrégé de l’Université, historien, politologue

L’Indonésie, le plus grand pays musulman du monde
Jean-Henri CALMON, agrégé de l’Université, historien, politologue

La Californie, septième puissance économique du monde
Jean-Henri CALMON, agrégé de l’Université, historien, politologue

La crise du système éducatif aux États-Unis
Gérard ALLONEAU, professeur agrégé et directeur de l’IUT GEA de Poitiers

La culture générale n’existe pas
Jean-Claude BOURDIN, professeur Université de Poitiers, philosophe

La découverte de la nature américaine au XVIIIème siècle
Jean-Pierre CLÉMENT, professeur à la Sorbonne (civilisations latino-américaines)

La défense du libre échange en France et en Angleterre
Gérard ALLONEAU, professeur agrégé et directeur de l’IUT GEA de Poitiers

La fin de l’Espagne des trois religions: 1492
Jean-Pierre CLÉMENT, professeur à la Sorbonne (civilisations latino-américaines)

La force de l’origine, l’oeuvre sculpturale de Delamont
Jean-Marc BERMÈS, professeur agrégé de philosophie à Poitiers

La formule retrouvée du triptyque des maîtres anciens
Marc CHARPENTIER, professeur agrégé d’allemand, faculté des Lettres et Langues de Poitiers

La guerre du Golfe: pour le droit ou pour le pétrole ?
Jean-Henri CALMON, agrégé de l’Université, historien, politologue

La redécouverte des ruines de Pompéï en 1592
Gérard ALLONEAU, professeur agrégé et directeur de l’IUT GEA de Poitiers

La révolution américaine
Jean-Pierre CLÉMENT, professeur à la Sorbonne (civilisations latino-américaines)

La Thaïlande, un carrefour de l’Asie
Jean-Henri CALMON, agrégé de l’Université, historien, politologue
Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers

Le Japon inédit
Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers

Le journal de bord de Christophe Colomb
Jean-Pierre CLÉMENT, professeur à la Sorbonne (civilisations latino-américaines)

Le nu, thème de prédilection du groupe expressionniste « die Brücke »
Marc CHARPENTIER, professeur agrégé d’allemand, faculté des Lettres et Langues de Poitiers

Le pré-carré de l’Europe des riches
Jean-Henri CALMON, agrégé de l’Université, historien, politologue

Le renouveau culturel de l’Espagne
Jean-Pierre CLÉMENT, professeur à la Sorbonne (civilisations latino-américaines)

Le Royaume-Uni est-il si uni ?
Jacqueline DAVID, professeur d’anglais à Poitiers (avec Florent MATHÉ)

Les défis du Sud
Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers

Les deux Corées
Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers

Les jeux séculaires à Rome
Gérard ALLONEAU, professeur agrégé et directeur de l’IUT GEA de Poitiers

Les institutions des USA
Jean-Henri CALMON, agrégé de l’Université, historien, politologue

Les missions jésuites du Paraguay Ignace de Loyola 1491-1556
Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers

Manageur ou manager?
Gérard ALLONEAU, professeur agrégé et directeur de l’IUT GEA de Poitiers

Marguerite de Valois
Gérard ALLONEAU, professeur agrégé et directeur de l’IUT GEA de Poitiers

Marx, le droit et les droits de l’homme
Jean-Claude BOURDIN, professeur Université de Poitiers, philosophe

Matière et signe dans la peinture de Viallat
Jean-Marc BERMÈS, professeur agrégé de philosophie à Poitiers

Montaigne, un grand contemporain
Pierre GÉLINEAU, agrégé de l’Université, professeur honoraire de lettres classiques, Angoulême

Mots-clés pour le brésil
ouvrage édité par ESCAP Difffusion Jean-Pierre CLÉMENT, professeur à la Sorbonne (civilisations latino-américaines)(avec Claude CHANCEL)

Poll-tax
Jacqueline DAVID, professeur d’anglais à Poitiers (avec Florent MATHÉ)

Quadri-centenaire de José de Ribera/strong>
Jean-Pierre CLÉMENT, professeur à la Sorbonne (civilisations latino-américaines)

Quand l’Europe de l’Est s’éveille
Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers (avec Jean-Henri CALMON)

Réflexions sur la révolution industrielle
Pierre BIARD, Ispecteur pédagogique régional d’histoire

Signe et sépulcre: du corps chez Platon
Monique DIXSAUT, professeur à la Sorbonne, philosophe

Trois « coeurs » au centre d’un monde multipolaire au XXIème siècle
Claude CHANCEL, professeur agrégé d’histoire économique en CPGE à Poitiers

William Blake le visionnaire
Jacqueline DAVID, professeur d’anglais à Poitiers