économie

 

  Malgré le ralentissement très net de son économie, l’année 2016 a commencé par une série de krachs boursiers préoccupants pour la Chine,  devenue la seconde puissance du monde, en attendant de devenir, un jour, la première.  L’Afrique, balkanisée en 54 pays, détient des ressources naturelles et humaines considérables. Elle s’est éloignée des « années perdues » des années 1980 et connait, depuis les années 2000, en beaucoup de ses contrées, une croissance vigoureuse (plus de 5% l’an) et une promesse d’avenir, d’ailleurs nécessaire pour un continent qui, en quelques décennies, va passer de un à deux milliards d’hommes.    

La Chine s’honore de connaître l’Afrique depuis longtemps, avec  les expéditions maritimes de l’amiral  Zheng He, de 1405 à 1431. Elle en recherche aujourd’hui  les traces au large du Kenya. Elle était présente à la conférence de Bandung de 1955, « réveil des peuples colonisés », qui fut suivi da quelques réalisations spectaculaires, telles la voie ferrée Tanzam, construite sur 1600 km entre 1973 et 1976 et permettant à la Zambie d’exporter son cuivre (métal rouge dont la Chine est grande consommatrice !) via le port tanzanien de Dar-es-Salam.

                Aujourd’hui, il est clair que l’action économique de la Chine sur le continent africain sert sa  diplomatie, car elle y a trouvé une importante réserve de voix à l’ONU, en particulier pour évincer  Taiwan. Il n’y a plus guère que le  Burkina Faso, Sao Tomé et le Swaziland pour reconnaître encore la « 23ème province chinoise » !

                La Chine a le génie des grands travaux (Grande Muraille et Grand Canal), tandis que l’Afrique dispose de ressources actuelles ou à venir considérables dans les domaines de l’énergie, des minerais, de la terre arable (dont elle dispose de la moitié des réserves mondiales), de la forêt et de la pêche. La donne est donc lumineuse : infrastructures contre fournitures, si bien que, pour ses besoins colossaux, la Chine, devenue l’usine du monde, est partout en Afrique. Ainsi en-est-il, en ce qui concerne le pétrole et le gaz, de ses partenariats, évolutifs avec le Nigéria, l’Angola, le Mozambique, l’Algérie, la Libye et le Soudan, ou, encore, pour les minerais, de ses collaborations avec l’Afrique du sud, la République Démocratique du Congo, Le Niger, le Zimbabwe et la  Zambie. C’est que l’Empire a d’énormes besoins en fer, en platine, en or, en cuivre, en coltan…. Il a, aussi, besoin de maïs, d’où la location de terres à Madagascar, par exemple. Le Gabon a dû restreindre les exportations de bois au profit de Pékin et bien des pays côtiers d’Afrique, comme le Sénégal, voient leur bassin maritime écumé par les puissants navires de pêche chinois.

                La pénétration économique chinoise en  Afrique s’est déroulée en trois phases : la quête de ressources, la construction d’infrastructures et de réseaux, l’implantation d’usines chinoises, enfin. Routes et autoroutes, voies ferrées, pipe-lines, téléphonie mobile, écoles et universités, dispensaires et hôpitaux, barrages, zones portuaires et aéroports, palais présidentiels, grande mosquée d’Alger, stades de football et, même, le siège de l’Union Africaine à Addis Abeba, construit par la Chine (voie ferrée reliant Djibouti à la côte atlantique rénovée par Pékin).

                Désormais, les grands groupes chinois construisent des usines, comme en Ethiopie qui dispose d’une main d’œuvre abondante  encore bien moins chère que la chinoise et de la matière première locale (le cuir) pour l’industrie de la chaussure. La production, à destination des marchés solvables de l’Occident (l’Europe en particulier) bénéficie ainsi deux fois de la mondialisation, car elle entre en franchise dans les pays de l’Union Européenne  en  vertu des dérogations accordées par Bruxelles aux pays les plus pauvres de la planète.

                Quelles sont les modes de fonctionnement de la Chine ?

                La Chine dispose de quatre mille milliards de dollars de réserves de change, qui viennent de passer à 3.400, ce qui est une somme colossale qu’il suffit de comparer aux 800 milliards de  dollars de la zone euro et aux 150  de la FED, la banque centrale américaine ! Sur ce fond sans aucun équivalent dans le monde, deux établissements bancaires d’état, l’Import Export Bank of China et la China Development Bank,   prêtent  aux entreprises chinoises, toujours dépendantes du pouvoir, ce qui leur confère une capacité à réaliser sans pareil. En quelque sorte,  La Chine prête à la Chine…

                Depuis 2000, le FOCAC, Forum sur la Coopération Africaine, organise et coordonne les partenariats sino-africains. Il se déroule tous les trois ans : en 2000 à Pékin, en 2003 à Addis Abeba, l’une de ses plus grandes manifestations  s’est déroulée en 2006 à Pékin où se sont réunis 48 grands responsables du continent africain et où  les promesses de la Chine furent colossales Cette réunion a été la plus grande manifestation diplomatique jamais organisée en Chine depuis 1949. En 2009, le forum reprend à Charm el-Cheikh, en Egypte, en 2012 à Pékin et en 2015 au Cap, en Afrique du Sud, de loin, le premier partenaire de Pékin sur le continent. A l’échelle du temps, la présence chinoise en Afrique est considérable Depuis sa fondation, la République Populaire de Chine a financé plus de mille projets, envoyé des milliers de médecins et accueilli sur son territoire plus de 20.000 étudiants africains afin de les former.

                 L’organisation même de l’économie chinoise qui pratique une sorte particulière de capitalisme autoritaire piloté par le Parti communiste fait que le vendeur, l’acheteur et le prêteur chinois sont le même ! De surcroît, le pays dispose de la plus grande diaspora du monde. Combien y-a-t-il de Chinois en Afrique ? Si la réponse est difficile, beaucoup d’observateurs estiment qu’ils sont  environ un million,  quand les Français ne seraient plus guère que 100.000…

                Quels sont les sujets de controverse sur  la présence chinoise en Afrique ?

                La Chine a réveillé l’Afrique qui, de continent au risque de l’oubli, est devenu un continent convoité et courtisé, qui peut s’appuyer sur le dynamisme des nouvelles classes moyennes africaines.  Il n’empêche, les sujets de controverse  sont très nombreux. Il y d’abord la question du principe de non-ingérence qui permet à Pékin de proposer une alternative par rapport à l’Occident, mais qui renforce de fait des régimes bien peu soucieux des droits de l’homme (Soudan ou Zimbabwe).

                 Si la politique des plans d’ajustement structurels du FMI peut être discutable, bien des pays africains ont, cependant, bénéficié de remises de dettes, alors que, au grand dam des capitales de l’ouest, l’aide chinoise peut aboutir à un nouvel endettement  d’un certain nombre de pays, car les contrats chinois sont loin d’être équitables. L’aide chinoise est une aide liée, commode dans un premier temps, mais, finalement, très onéreuse à terme. Si bien que certains pays comme le Niger, commencent à  remettre en cause certains contrats, parfois même, conseillés par des agences ou des ONG occidentales spécialisées. C’est que le rapport de force entre l’empire de taille XXL et chaque pays africain comme la RDC ou Madagascar est totalement déséquilibré. Dans ce dernier cas, on peut citer un contrat signé entre la Wuhan Iron and Steel Corporation, d’un montant de 6,7 milliards de dollars et  les autorités malgaches, alors que le PIB 2013 de la Grande Ile n’est que de 11, 2 milliards (Chine, 9181 milliards, soit 83 fois plus !)

                La corruption est fort répandue chez de nombreux interlocuteurs, tant du côté chinois que du côté africain. Ces excès criants génèrent, bien entendu, blocages, injustices et inégalités très néfastes à la confiance si nécessaire à la croissance véritable et au développement. Sur le plan économique, l’Afrique ne contribue qu’à la hauteur de 1% à la production industrielle mondiale. Elle est menacée par la « Maladie hollandaise » (connue au moment de la découverte et de l’exploitation du gaz de Groningue dans les années 1970), qui veut que l’essentiel des investissements aille  à la rente minière au détriment de tous les autres secteurs économiques d’un pays qui finit par s’appauvrir sans créer de nouveaux emplois.

                D’autres problèmes se posent encore, qui peuvent concerner la qualité de certaines infrastructures livrées par les entreprises de Pékin et qui semblent mal vieillir et trop vite. L’absence, de transferts de technologies est aussi un véritable problème, même si certains pays ne disposent pas encore d’un personnel  technique et scientifique en nombre pour les capter. Alors que l’on sait à quel point la Chine elle-même et les NPI du monde entier ont exigé ces transferts dans les transactions commerciales dans le contexte d’une concurrence impitoyable.

                La création d’emplois est au cœur de contentieux sensibles. Il est reproché à la Chine de faire venir en nombre ses propres ressortissants au détriment de la main d’œuvre locale, ou, encore, de mal considérer celle qui est embauchée, insuffisamment rémunérée, sans protection pour les tâches dangereuses et privée d’avantages sociaux. Les relations tendues entre l’encadrement chinois et la main d’œuvre indigène peuvent déboucher sur de graves incidents et même des grèves sévèrement réprimées. La dynamique commerciale des épiciers chinois peut mettre à mal le commerce de rue, qui est souvent une activité de survie  pour une partie de la population africaine…

                Le point en 2016

Dans le monde, devenu aujourd’hui sino-centré, et donc sino-dépendant et qui sera, peut-être, davantage afro-centré demain, plusieurs évolutions semblent possibles. D’abord, le ralentissement de l’économie chinoise, très fort, et, peut-être, plus accentué qu’on ne le croit, compte tenu du manque de fiabilité des statistiques officielles chinoises (taux actuel de croissance de 3 à 4%, et même moins, selon certains). Les difficultés qui obligent la Banque centrale à intervenir ont déjà des conséquences sur les réserves de change de la Chine qui, début janvier 2016, seraient redescendues de 4.000 milliards de dollars à moins de 3.400 milliards. Est-ce de nature à ralentir, un jour, les investissements de la Chine sur le continent africain ?

                Ce qui est certain, c’est que le ralentissement des achats de pétrole, de gaz naturel et de minéraux de toutes sortes sont de nature à plonger bien des pays africains dans de grosses difficultés, comme c’est déjà le cas du Nigéria, de l’Algérie de l’Afrique du sud et de la plupart des pays miniers du continent.  Le Zimbabwe, en grande difficulté, souhaiterait créer un lien entre sa monnaie effondrée et le yuan !

               Mais le plus important pour l’avenir reste la question environnementale. La Chine, elle-même, est devenue le plus grand pollueur de la planète dans ses terres, dans ses rivières et dans son atmosphère qui connait « l’airpocalypse ». Dans un premier temps, elle a incontestablement sacrifié son environnement à son développement.  Elle n’a guère hésité, au sommet de Copenhague, en 2009, en compagnie des Etats-Unis, à faire échouer la grande conférence d’alors. Cependant, sa posture diplomatique n’a plus du tout été la même lors de la Cop 21 qui s’est tenue à Paris à la fin de l’année 2015 et au cours de laquelle, les pays émergents, dont les pays africains, ont obtenu des pays  industrialisés avant eux des promesses d’aide qu’il faudra, bien entendu,  suivre dans la réalité ces prochaines années. Les progrès seront difficiles, tant la tâche à accomplir est considérable, puisque même une partie de la faune africaine est victime d’une effrayante contrebande partiellement pratiquée par des mafias chinoises.

                D’autres évolutions se font jour, telle, par exemple, l’acquisition ou la location de terres cultivables dont l’Afrique détiendrait la moitié des réserves mondiales…. Cependant, les chiffres disponibles ne montrent pas une prédation chinoise supérieure à celle d’autre pays d’Occident, du Moyen-Orient ou d’Asie. En revanche, transformant sa nouvelle puissance en influence, la Chine, par des accords qui concernent l’enseignement et ses instituts Confucius, promeut  le mandarin. Surtout, ses puissants médias n’hésitent pas à acheter des médias africains, tels l’Independant Newpaper Group, entreprise très importante en Afrique du sud, ou, encore la Star Africa Media Company, créée en 2007 au Rwanda par une télévision chinoise… Ceci est un enjeu crucial dont les médias francophones semblent avoir pris récemment  la mesure, car l’Afrique est une grande promesse pour la langue française.

                Tout n’est pas encore joué. Les autorités chinoises avancent leurs pions de façon systémique, comme dans un jeu de go certes, mais sont aussi capables de diversification, de prudence et d’association. Ainsi, dans un monde plus complexe que jamais et de plus en plus multipolaire, ce que des pays comme la France et la Chine ont appelé depuis longtemps de leurs vœux, les cartes sont rebattues constamment et à un rythme plus rapide que prévu. En réalité, la Chine s’est beaucoup inspirée des sommets franco-africains, eux mêmes repris par l’autre grande puissance asiatique, le Japon. D’ailleurs il semble s’esquisser une certaine collaboration franco-chinoise, du moins en Afrique francophone, la connaissance historique de l’Afrique et  son expérience (de la France)  sont reconnus par Pékin qui tient à gérer et à sécuriser prudemment sa présence.

                Si rien n’est perdu, rien n’est gagné non plus. Au début de l’année 2016, le ralentissement de l’économie chinoise, l’effondrement du prix des hydrocarbures et des matières premières minérales et agricoles, ainsi que des défaillances structurelles africaines persistantes et les menaces géopolitiques, sont de nature à ralentir les investissements si indispensables au continent… la grande géographe Sylvie Brunel a récemment posé la question : L’Afrique est-elle si bien partie ?

                 Mais, dans un prochain monde que les nouvelles technologies et la contrainte écologique chamboulent, il y aura « de plus égaux que d’autres », l’avantage allant aux géants géographiques et démographiques.  L’Afrique, balkanisée comme l’Europe, a les mêmes défis qu’elle : se réinventer en grands ensembles régionaux afin de préserver son identité et d’obtenir la taille critique, capable d’assurer sa survie.  Sinon l l’issue ne peut que donner l’avantage aux Chinois. Mais l’Afrique, dont un proverbe dit : « remue le destin, le destin te remuera » s’est aussi réveillée…

                 Pour autant, si important que soit l’enjeu africain pour Pékin, il ne reste qu’un élément stratégique, un moyen. Moins que la  pratique d’un nouvel impérialisme qui l’obligerait à devenir la garante d’un nouvel ordre mondial, à la façon du shérif américain d’hier, ce qui lui coûterait cher, la Chine  se contente d’être elle-même :  impériale. C’est la raison pour laquelle elle garde les yeux fixés sur  ses frontières du XVIIIème siècle », celles de son apogée, frontières que connaissent tous ses écoliers formés à l’école nationaliste. Cette carte inclut les provinces périphériques du Xinjiang (« nouvelle frontière ») et du Tibet (« Trésor de l’Ouest ») et toutes les mers de Chine. Voilà les nouvelles routes de la soie, terrestres et maritimes, sillonnées par l’empire du rail, par un « pipelinistan » construit par Pékin et par les nouvelles marines chinoises, commerciales et aéronavales, qui œuvrent à la réalisation du « nouveau rêve chinois », proposé par le président Xi jinping en 2012, celui d’un empire sino-centré sur Eurasie, mais qui concerne aussi l’Eurafrique…

Claude Chancel

Trois livres pour comprendre : le grand livre de la Chine, Libin Liu Le Grix et Claude Chancel, Eyrolles 2013 ; La Chinafrique, Serge Michel et Michel Beuret, Grasset 2008 ;  Chine-Afrique, Julien Wagner, Eyrolles 2015.

 

Le 30 décembre 2014, Mario DRAGHI, président de la Banque Centrale Européenne déclarait dans une interview au journal économique allemand Handelsblatt "Le risque (d'une déflation) n'est pas exclu mais il est limité". La déflation est donc envisagée par les plus hautes instances monétaires européennes.

Pourquoi la déflation devient possible alors que pendant plus de trente ans le problème majeur a été l’inflation ? N’est-ce pas le signe que les politiques monétaires menées ont trop bien réussi ? Pourquoi la déflation est-elle un danger pour l’économie européenne et comment peut-on s’en prémunir ?

La monnaie prend une place de plus en plus importante dans nos économies. Les moyens à mettre en œuvre pour sa régulation sont complexes, mais la finalité de la politique monétaire est d’accompagner la croissance de l’activité économique en fournissant la bonne quantité de liquidité nécessaire. La crise de 2008, nous montre que la régulation n’est jamais parfaite et que des bulles spéculatives peuvent apparaitre par excès de liquidité et impacter ainsi le fonctionnement de l’ensemble de l’économie. Dans le sens opposé, la raréfaction des crédits disponibles (crédit Crunch), peut conduire à une contraction de l’activité économique non souhaitée par les acteurs économiques. On s’aperçoit que le maintien d’un niveau de liquidité adapté au besoin de l’économie n’est pas une sinécure.

Inflation versus déflation

La déflation est, selon l’INSEE, un gain du pouvoir d'achat de la monnaie qui se traduit par une diminution générale et durable des prix ; c'est une inflation négative. Cette définition pourrait nous conduire à l’optimisme, puisque la déflation permet d’accroitre le pouvoir d’achat des consommateurs, en induisant une baisse des prix. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. En réalité, la déflation est le constat d’une situation économique dégradée.

On est bien loin des taux d’inflation à deux chiffres des années 80. Car en Europe, la politique monétaire a été déléguée à la banque centrale européenne indépendante dont l’objectif principal est de lutter contre l’inflation. Les taux d’inflation dans la zone euro n’ont cessé de baisser pour se stabiliser autour de 2 % par an pendant plus de 10 ans. Ce taux de 2 % d’inflation est considéré dans le traité de Maastricht comme permettant de dynamiser l’activité économique sans être contraignant pour la compétitivité des entreprises européennes. Il permet de rester sur le chemin de la croissance économique souhaitée.

En réalité, cet objectif de faible inflation entraine des effets pervers car ce taux d’inflation moyen européen, ne tient pas compte de la diversité des économies de pays européens. On ne peut pas mettre sur un pied d’égalité les pays du nord et du sud de l’Europe. Leurs activités de production, de services n’ont que peu de point commun et les causes de l’inflation ne sont pas identiques.

De plus, les pays européens ne peuvent plus utiliser la parité monétaire pour ajuster les écarts de compétitivité de leur économie. Ils doivent agir sur les structures de leur système productif pour rétablir cette compétitivité, cela prend du temps et entraine un accroissement du chômage. Les entreprises délocalisent ou font appel à une main d’œuvre peu coûteuse. La pression sur les salaires est forte et la consommation intérieure s’en ressent.

Les Etats agissent tous avec les seuls outils de politique fiscale ou sociale qui leur restent. L’Irlande ou le Luxembourg par exemple, pour attirer des capitaux étrangers et favoriser le développement de leur économie baissent le taux d’impôt sur les sociétés. Cela se fait au détriment des autres pays européens et globalement de l’Union Européenne.

Au niveau social, l’existence d’un niveau d’un chômage élevé contraint chaque pays à jouer le jeu du moins disant social pour maintenir une certaine compétitivité économique. En France, le pacte de stabilité et de croissance constitue une baisse de 10 milliards des charges sociales pour favoriser le redressement des marges des entreprises, l’investissement et peut être l’emploi. Mais depuis 2008, la plupart des pays européens (Espagne, Irlande ou Portugal) ont connu une réduction du coût salarial de plus de 15 %.

Cette course à la baisse du coût du travail dans toute l’Europe est dangereuse car en s’imposant à chaque Etat, elle conduit à renforcer le risque déflationniste et de récession économique.

Des effets dévastateurs à long terme

La déflation est vue comme le début d’une spirale de récession économique forte est auto entretenue.

Comme dans le cycle inflationniste, l’augmentation des prix entraine une tendance à l’augmentation des salaires pour maintenir le pouvoir d’achat et implique de la part des entreprises une nouvelle augmentation des prix pour maintenir les marges.

Dans le cycle déflationniste, la baisse des prix entraine une tension à la baisse des coûts et donc des salaires. De plus, les consommateurs voyant les prix baisser sont incités à attendre, car plus ils attendent, moins les biens qu’ils souhaitent acheter seront chers. Ils impactent ainsi la demande globale et entrainent une baisse de la production des entreprises, qui n’investissent plus et cherchent encore à baisser leurs coûts.

Pour tous les agents économiques endettés, la déflation entraine une stabilisation voire une augmentation du coût de la dette, le développement d’une économie de la rente. Il est préférable d’épargner, plutôt qu’’investir. La déflation entraine une situation où l’on ne prépare plus l’avenir.

En réalité, la déflation a déjà commencé. Les données chiffrées ne feront que le confirmer dans les mois qui viennent. Les Etats n’ont plus les moyens d’agir à cause du niveau très élevé des dettes publiques. Il faut coordonner notre action au niveau européen pour faire face au risque  déflationniste.

La coordination de l’action passe par la modification des finalités de la Banque Centrale Européenne pour mettre en œuvre une politique de soutien à la croissance comme le fait la FED aux Etats Unis. Par exemple, la BCE pourrait racheter les obligations des Etats Européens pour les aider à financer leur dette, cela réduirait le coût de l’endettement public, augmenterait la masse monétaire conduisant à une baisse de la valeur de l’Euro, favorable aux exportations européennes.

Parallèlement, pour rééquilibrer les prix relatifs entre les pays du Nord de l’Europe et ceux du Sud, il serait nécessaire que l’inflation des premiers soit nettement supérieure à celles des seconds. L’impact serait d’accroître la consommation dans les pays en croissance comme l’Allemagne et de favoriser l’activité économique des pays en récession.

De plus, la recherche d’une convergence des politiques fiscales et budgétaires doit devenir une priorité pour éviter le dumping social et fiscal auquel on assiste entre pays d’Europe.

Agir contre le risque déflationniste nécessite une action concertée des Etats Européens. La solution passe en partie par une Europe politique plus affirmée, capable de prendre des décisions budgétaires de relance de l’activité économique,

L’Europe semble être la solution au risque déflationniste.

Pierre TASSION IA-IPR d'économie-gestion

 

 

Première partie : le refuge dans l’illusion économique.

L’illusion est le refuge lorsqu’on fuit la réalité. Elle doit être exposée très simplement éventuellement par un seul mot qui doit avoir un lien avec la réalité. Ce mot-alibi va être crise.

Sa première utilisation. Nous vivons une crise ennuyeuse sans aucun doute, mais qui sera assez brève parce que suivra assez rapidement une reprise économique qui conduira à une expansion qui améliorera la situation économique. Bref, il n’y a qu’à attendre.

Sa deuxième utilisation. Lorsque un événement fâcheux arrive (la baisse des ventes d’autos par exemple), nous allons dire : c’est la faute à la crise, c’est-à-dire la faute à la fatalité, plus clairement la faute à personne. Il n’y a plus de responsables. On peut s’étonner que la crise qui dans son premier sens représente un moment du cycle économique qui voit les mécanismes se disloquer, devienne maintenant l’agent disloquant…

Ce mot crise va devenir très agréable.

 D’abord pour les économistes qui parlent à la télévision, écrivent dans les journaux. Ils expliquent que c’est un phénomène récurrent (tous les sept ans) et qu’en plus ils ont le savoir qui permet de mettre en place une politique de relance qui raccourcit la période de récession qui suit la crise.

Ensuite pour le personnel politique jugé irresponsable (voir plus haut) et surtout enchanté d’avoir à sauver l’économie par la mise en place d’une politique adéquate qui n’exigera pratiquement pas d’efforts.

Enfin les citoyens  ne peuvent qu’approuver que l’on mette de l’huile dans les rouages des mécanismes économiques ou encore mieux qu’on relance l’économie.

 

En effet la sortie de crise sera facile et pas déplaisante. Il faut accroître la demande globale pour que croisse l’offre globale et finalement pour que diminue le chômage. Les moyens sont essentiellement de deux ordres : 1- le développement des crédits aux entreprises et aux ménages (pour les investissements, pour les achats d’automobiles et de logements …) 2- une politique de déficit budgétaire pour l’Etat qui peut créer des emplois publics et passer des marchés importants.

Le problème est que cette analyse nie la réalité. La crise dure depuis 2008, soit 5 ans.

Malgré des politiques de relance, la croissance réelle de l’économie est sur 5 ans nulle, le chômage croît sans cesse (taux 10.2%), la production industrielle s’est effondrée (indice 106 en 2006, 86 en 2009, 89 en 2012). Nous ne sommes pas dans le cadre dune crise normale.

Un économiste Philippe Dessertine a écrit en 2010 un petit livre intitulé : « Ceci n’est pas une crise, simplement la fin d’un monde ». Ce titre est exact.

Il faut comprendre que deux facteurs dramatisent la situation conjoncturelle et nous font sortir du schéma habituel : 1- l’inconscience financière de l’Etat et 2- l’indifférence des Français au déclin de leur pays.

Deuxième partie: l’inconscience financière de l’Etat

 à laquelle l’honnêteté oblige d’ajouter l’insouciance financière des Français.

 

            Elles sont faciles à constater : depuis 40 ans, l’Etat a voté son budget en déséquilibre ce qui a entraîné un endettement croissant et toujours plus d’intérêts à verser.

            Exprimé en jours sans recettes,le déficit apparaît effarant : en 2007 38 jours, en 2008 51 jours, en 2009 106 jours, en 2010, 77 jours et en 2012, 66 jours. Depuis 2009, c’est mieux ou plus exactement moins scandaleux. En conséquence, la dette publique augmente automatiquement : fin 2012, on est rendu à 90.2% du Produit Intérieur Brut et l’on arrivera à 100% dans quelques années

            La seule satisfaction relative est que le taux d’intérêt acquitté est faible : un peu supérieur à 3%. Cela signifie que les prêteurs (beaucoup sont étrangers) ont confiance en notre capacité à honorer nos engagements. Il n’en reste pas moins que le service de la dette (55 milliards) est le deuxième budget de l’Etat après celui l’Education Nationale (avec les universités) mais très au-dessus de celui de la Défense Nationale (pas tout à fait le double).

Les risques financiers d’un tel endettement sont celui du non-renouvellement des emprunts mais surtout celui de la hausse des taux d’intérêt qui se manifestera aux premières difficultés.

Alors on a évoqué la règle d’or : c’est-à-dire le vote du budget en équilibre. Son application est possible : l’Etat est le seul agent économique qui peut décider à la fois ses dépenses et ses recettes. Son application est impossible actuellement. Pour effacer le déficit actuel, il faudrait augmenter les impôts et les cotisations sociales de 22% ou diminuer toutes les dépenses publiques de 18% ! Alors tout ce que l’on peut faire est de s’engager progressivement sur cette voie.

Eviter la faillite de l’Etat est une ardente obligation. Il faut du courage politique pour diminuer les dépenses et augmenter les prélèvements. Mais on ne peut plus différer. Attendre le retour de la croissance relève de l’incantation. Parler de dette souveraine (comme si le débiteur est le souverain du créancier !) est une stupidité.

Nous ne sommes pas encore les Grecs ; mais nous restons sous la menace d’un relèvement des taux d’intérêt. Si nous perdions notre crédit, la situation deviendrait dramatique.

 

Troisième partie: l’indifférence des Français au déclin économique de leur pays.

La France est une puissance économique très moyenne. Son PIB par habitant (soit la valeur globale de toutes ses productions de biens et de services divisée par le nombre d’habitants) est à l’indice 107. Dans le cadre de l’Union Monétaire Européenne (la zone euro à 17), la France se situe à la huitième place devant l’Italie (101), l’Espagne (99), la Grèce, le Portugal, la Slovénie, Chypre, Malte, Slovaquie et Estonie. Mais elle est derrière et loin derrière les Pays-Bas (131), l’Autriche (129), l’Irlande (127), l’Allemagne (120), la Belgique (118) et la Finlande (116).

Elle est une puissance qui a toujours un taux de chômage élevé : entre 2 millions de chômeurs au mieux et plus de 3 millions quand ça va mal comme actuellement avec un taux supérieur à 10%. Mais les taux de chômage actuels sont pour l’Autriche 4.5%, les Pays-Bas 5.8%, l’Allemagne 5.4%, la Belgique 7.4%, la Finlande 7.9%. Certes l’Espagne a un taux de 26%, la Grèce de 27% et le Portugal 16%.

            Elle est une puissance en régression économique dans le monde. Il suffit de constater que le taux de couverture des importations par les exportations a été en chute libre de 2002 à 2013 (2002 105.9 ; 2006 96.4 ; 2008 92.8 ; 2010 92.2 ; 2012 90.6). Nous achetons à l’étranger sans ressources d’exportations suffisantes ; donc nous empruntons auprès des pays exportateurs qui accumulent ainsi des réserves. C’est un second endettement après celui de l’Etat. En termes clairs, la mondialisation se fait contre nous.

 

            La mondialisation est une guerre économique sans destructions matérielles, mais avec conquêtes spatiales. Elle est gagnée par les pays exportateurs nets qui accumulent des réserves de change. Là encore l’expression dette souveraine est débile : le pouvoir appartient aux créanciers. Que peuvent-ils faire ? Acheter des bons du Trésor ou des obligations privées : a priori plutôt sympathique encore que … Acheter des entreprises ou des parts d’entreprises, acheter des facteurs de production : terres à usage agricole, mines etc : nettement moins sympathique. Or il faut constater que la France perd cette guerre économique.

            La première raison serait la surévaluation de l’euro qui freinerait nos exportations et nous ferait importer plus. Donc il faudrait dévaluer.

 Plusieurs remarques : 1- Est-ce justifié quand plusieurs pays de la zone euro sont exportateurs nets ?  2- La dévaluation de l’euro provoquerait la hausse du prix du pétrole …

3- Faut-il accroître le pouvoir d’achat des Chinois, Quataris  etc ? 4- Le cours du change se fixe sur les marchés 24 heures sur 24 avec tous les participants du monde.

            La thèse maximaliste : on sort de la zone euro pour pouvoir dévaluer. Ce serait une aventure coûteuse et périlleuse pour un pays de taille moyenne qui se retrouverait avec un franc faible.

            En fait il faudra vivre avec l’euro.

 

La seconde raison est le coût du travail. Disons brièvement que trop élevé, il a l’inconvénient de générer du chômage et d’entraîner le déficit du commerce extérieur, mais l’avantage de permettre des revenus plus importants.

 L’examen des situations est ambigu. La France a un coût salarial élevé avec chômage et déficit extérieur. L’Allemagne avec un coût salarial à peine plus faible, a un chômage faible et un excédent de la balance commerciale, de même en est-il pour les Pays-Bas, la Belgique, la Finlande. La France en situation de chômage permanent, en phase de désindustrialisation, en déficit extérieur très important depuis 10 ans, ne pourra pas échapper à une politique de modération salariale

La conclusion est que la France pour ne pas perdre cette compétition de la mondialisation, aura beaucoup d’efforts à faire. « De la sueur et des larmes » pour plagier Churchill sans le citer en entier.

 

Quatrième partie « L’obligation de l’abandon de l’illusion

et du retour à la réalité économique ».

 

            Le titre d’un livre de Michel Godet « Le courage du bon sens »  nous rappelle cette nécessité. Mais il est fâcheux que le bon sens n’aille pas de soit. Un autre livre celui de Sophie Peddler « Le déni français » publié récemment chez J. C. Lattès est également intéressant. Ce petit ouvrage (180 pages) décrit très bien la double déraison française qui, dans le choix travail-loisir, préfère le loisir et qui, dans l’arbitrage  épargne-consommation, préfère la consommation.

            Comment peut-on associer loisir et consommation ? Simplement par un recours systématique et massif au crédit, c’est-à-dire à l’endettement permis aux entreprises et ménages si le système bancaire est laxiste et assez automatique pour l’Etat en situation de déficit.

            Mais ce financement est fondamentalement immoral pour l’Etat qui a le choix entre emprunts et impôts. Si une dépense courante est financée par l’impôt, cette dépense publique est payée par la génération qui en a profité ; mais si c’est par l’emprunt, cette dépense sera acquittée par la génération suivante qui ne l’a pas votée, qui n’en a pas profité, mais qui devra rembourser l’emprunt  qui a été contracté.

            Morale et économie est un autre sujet encore que nous savons tous qu’il nous faudra changer de morale économique : plus travailler et moins s’endetter. On peut aussi ajouter rendre les décideurs économiques plus responsables.

 

                                            André Chaîneau.

Doyen honoraire Faculté des Sciences économiques de l’Université de Poitiers

 

 

 

 

 

 

Record de longévité pour un Premier Ministre au XXe siècle, d'autant plus remarquable que pour la première fois dans l'histoire du Royaume-Uni, c'est une femme qui occupe le poste.

·       Le phénomène Thatcher peut s'expliquer par l'éducation qu'elle a reçue, par sa formation, par une conjoncture favorable et par une conjonction d'événements heureux (« la main invisible » ?).

1 – Fille d'un épicier de religion méthodiste qui lui a inculqué le sens de l'épargne, la valeur du mérite et de l'effort, elle aime, dit-on, rappeler la maxime de John Wesley le fondateur du méthodisme : « Gain all you can, save all you can, give all you can ».

2 – A  la fin des années 70, l'opinion prend conscience des effets pervers du Welfare State installé par les travaillistes et adopté jusque-là par les conservateurs. Le LIVRE BLANC publié en 1976 par le gouvernement travailliste rend compte de cette évolution. On y dénonce, entre autres faiblesses, les grèves incessantes, la diminution des profits, le poids de l'État dans l'économie et on y préconise la création d'un secteur privé dynamique aux profits élevés, une politique de relance «donnant la priorité au développement industriel sur la consommation et même sur nos objectifs sociaux ». Au fond Mme Thatcher n'avait plus qu'à s'inspirer du constat d'échec que ses adversaires avaient dressé de leur propre politique.

3 – La découverte du pétrole en Mer du Nord vint opportunément renflouer les caisses vides de l'État et la guerre des Malouines permette à Maggie de reprendre en main la situation au moment où ses plus fervents partisans commençaient à fléchir et où elle était la seule à ne pas douter de sa politique.

·       Elle met en oeuvre une politique volontariste en rupture totale avec ce qui avait précédé :

–         Politique monétariste : réduction de l'offre de monnaie qui entraîne la chute des « canards boiteux » et augmente le nombre de chômeurs dans un pays où, il est vrai, selon Kaldor, économiste et conseiller les travaillistes, « sévissait le suremploi ».

–         Privatisation massive (et réussie) de l'économie.

–         Réduction des impôts (IRPP ramené à deux tranches + réforme radicale, et brutale, de l'impôt local).

–         Réforme de la Bourse (« Big-Bang »).

–         Réduction du pouvoir syndical (orientation consacrée par l' « Employment Act » de 1988) surtout après sa victoire sur le syndicat des mineurs en 1985 (en 1979 près de 80 % des Britanniques considéraient que la principale force d'opposition à Mme Thatcher serait les syndicats, en 1987 ils n'étaient plus que 1 % à le penser !).

–         Réduction de l'aide sociale.

–         NB : Si les salaires ont globalement augmenté plus vite que l'inflation cela tient plus au manque de main-d'oeuvre qualifiée qu'à la volonté du gouvernement (pouvoir d'achat réel : + 15 % en 10 ans).

·       Résultats :

–         Le prêt contracté auprès du FMI en 1976 a été remboursé.

–         Croissance : la plus élevée d'Europe en moyenne depuis le début de la décennie (3 %).

–         Chômage : ramené de 13 % à 6,3 % en mars 1989 (France :  10 %).

–         Budget : excédentaire.

–         Actifs à l'étranger : multipliés par quatre en 10 ans !

–         Un point noir : l'inflation risque d'atteindre 7 % en 1989.

–         Cependant : une Angleterre du Nord appauvrie, une Angleterre du Sud enrichie et que symbolise bien la « Software valley » autour de Cambridge (450 entreprises de pointe en 10 ans) et la fantastique réhabilitation des Docks de Londres (38 logements, 170 000 emplois). Notons le redressement de l'Écosse avec la « Silicon Glen » (300 firmes d'électronique, 40 000 emplois entre Glasgow et Édimbourg). À ceux qui lui reprochent d'avoir créé « Two Nations » (comme l'écrivait Disraeli), Margaret Thatcher objecte que l'égalité avait naguère été obtenue en tirant tout le monde vers le bas, c'est-à-dire par l'appauvrissement de tous, alors qu'aujourd'hui l'enrichissement de la middle-class tirera tout le monde vers le haut.monétarisme, libéralisme                                                                                                                      …/

·       « Certains affirment que je ne fais que défendre les valeurs de la ménagère et de boutiquière. Mais je n'en ai pas honte. Le recours à ces valeurs aurait évité la faillite à plus d'un financier et les crises à plus d'un pays. » Margaret Thatcher.

·       Peter Brooke, président du parti conservateur (1988) : « L'ère de Karl Marx se termine et celle de « Marks and Spencer » commence».

·       La revue « L’Economist » terminait un article sur le bilan du thatchérisme par ces lignes : « La bourgeoisie anglaise devient de nouveau riche… sa prospérité retrouvée lui donne une confiance en soi que la Grande-Bretagne n'avait pas connue depuis Édouard VII ».

·       Les adversaires de Margaret Thatcher l'appellent T.I.N.A. (« There is no alternative »).

–         En 1982 elle a reçu les réprimandes écrites et publiques de 364 illustres économistes dont ceux de la célèbre école de Cambridge.

–         Le 10 octobre 1984, l’IRA fait exploser l'hôtel de Brighton  où elle est descendue pour le congrès du parti conservateur. Sortie miraculeusement indemne des gravats, on lui demande ce qu'elle va faire, elle répond : « Business as usual »…

–         … Et sa détermination n'a, en rien, été ébranlée, même après sa déconvenue aux élections européennes de 1989, au contraire semble-t-il.

Article paru sous la double signature de Jean Henri Calmon et de Claude Chancel dans la revue ESCAP, en septembre 1989.

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