De Paris à Lima en passant par Londres et Madrid,

LA BATAILLE POUR L’AIR PUR ET LA VIE AU XVIIIe SIÈCLE

par Jean-Pierre CLEMENT, Professeur émérite de l’Université Paris-Sorbonne

Présentation par Claude Chancel, vice président de Jacques Cartier

Au XVIIIe siècle, dirigeants et penseurs considèrent qu’un pays puissant est un pays peuplé. Ils seront donc particulièrement sensibles à tout ce qui peut favoriser la croissance démographique. De là, l’essor bien connu de la médecine à cette époque. De là encore, l’apparition dans tout le monde occidental (la France, l’Europe, l’Espagne et ses colonies américaines) d’une notion nouvelle : l’hygiène, qui va avoir des implications jusque dans la vie des cités, car elle cherche à résoudre les problèmes posés par tout ce qui infecte l’air : ordures, égouts, etc. L’exil des cimetières, que l’on chasse des centres urbains pour les installer hors les murs, est spécialement exemplaire de cette volonté de préservation de la vie humaine. On constate, à cette occasion, que, l’Amérique hispanique, prétendument retardataire, réagit en même temps que l’Europe et que, partout, cette lutte “purificatrice” s’accompagne d’une action contre les marginaux et en faveur de la sécurité publique. Ce grand nettoyage des villes est parallèle à la montée de la bourgeoisie qui met en place, dès cette époque, les structures mentales et sociales qui seront celles du XIXe siècle.