Michel Richard, notre président fondateur de l'Institut Jacques cartier nous a quitté brutalement fin novembre 2014, voici le texte de l'hommage rendu par Jean-Henri Calmon en prélude à la conférence maintenue début décembre.

"À Michel RICHARD

Nous avons souhaité, mes collègues et moi-même, avant que ne commence cette conférence, évoquer le grand absent de cette soirée, Michel Richard, notre président et ami, brutalement décédé le 23 novembre et que nous avons conduit à sa dernière demeure il y a exactement huit jours aujourd'hui. Je ne retracerai pas ce que fut la carrière de cet homme d’exception, Jean-Pierre Clément, ici présent, l'a remarquablement fait le jour des obsèques et le  texte de cet hommage est paru dans le journal du 26 novembre.

Je ne dirai donc qu'un mot au nom de tous ses amis et de tous ceux qui l'ont connu et aimé.

Michel était l'élégance même : une élégance qui jaillissait spontanément de sa personne, qui procédait d'une profonde richesse intérieure, qui frappait immédiatement ses interlocuteurs. Élégance de la pensée, élégance du discours, élégance des mots, élégance des idées, élégance du cœur…

C'est d'abord cette élégance qui séduisait ses étudiants, de même que tous ceux qui avaient la chance de l'écouter. Michel me faisait penser à ces professeurs des grandes universités britanniques, souvent célibataires, qui se consacrent entièrement à leur enseignement ainsi qu'à ceux auxquels ils le destinent, qui commencent leur cours dans une salle prévue à cet effet et dans un temps imparti, mais qui le prolongent dans le parc,  dans le jardin voire dans la rue, à l'image des maîtres de l'Antiquité que Michel  admirait tant … Quels que soient les lieux, la leçon ne s'interrompait jamais et se poursuivait tard dans la vie des disciples. Nombreux sont ses anciens étudiants qui continuaient de le consulter… Sur toutes sortes de projets ou de sujets pour avoir son opinion … Comme on s'adresse à une source inépuisable de sagesse éprouvée.

Sa culture était considérable, et n'avait de sens dans son esprit que s'il pouvait la partager avec les autres : c'était d'autant plus agréable qu'avec lui tout paraissait simple, car exprimé sans vaines fioritures, mais toujours délicieusement  accompagné d'une savoureuse pointe d'humour. Philosophe, il vouait une passion à l'architecture, à la musique, singulièrement à l'orgue, un peu parente de l'architecture, à la poésie, à  la peinture, au théâtre… Et avec tout cela il régalait ses auditoires sans ne jamais lasser personne en prenant soin d'écouter tout le monde.

Tel était Michel Richard, un homme élégant au sens le plus vrai, le plus élevé et le plus noble du terme.

C’est bien l'image du professeur  distingué et rayonnant, de  l’humaniste spirituel et tolérant, de l’homme attentif aux autres et profondément attachant, que nous garderons toujours vivante en nous…

 Et nous  dédions à sa mémoire cette première soirée sans lui…         "                      

                                                                 Jean Henri Calmon

 

Quand on évoque la première guerre mondiale, on pense, en priorité, aux batailles ô combien meurtrières comme celles de Verdun ou de la Somme, aux millions de victimes,  tués, disparus, blessés ou mutilés et à la dure vie des combattants dans les tranchées.

Cette réalité-là ne doit pas nous faire occulter les soucis innombrables de la vie quotidienne à l’arrière. Comment les femmes et leurs enfants, privés de maris ou de pères, ont-ils,  eux aussi, résisté aux affres du temps, pendant ces quatre  longues années de guerre ? C’est ce point de vue que Jacques Bouquet a adopté en portant son regard sur la population d’un seul département, celui de la Vienne. Cette population, essentiellement rurale, comme l’ensemble des 86 départements français, loin du front, ne s’est pas contentée d’observer, impavide, les nombreux dégâts, humains et matériels, que causait la guerre. Elle a participé, à sa manière, à l’effort de guerre, permettant ainsi au front de tenir.

Comment l’arrière, que l’historiographie française a eu, jusqu’ici, tendance à oublier, a-t-il tenu ?   La réponse, sans aucun doute, est dans cet ouvrage.

 

Terrorisme urbain, aérien, maritime, terrestre, du « cyberespace »… Pratiqué par des loups solitaires, des terroristes-suicides, des cellules, des katiba… Le terrorisme contemporain nous est malheureusement familier et prend des formes multiples et souvent incompréhensibles. Pourtant, il est une démarche profondément rationnelle qui, comme toute activité humaine, est parfois accompagnée de comportements irrationnels.

Hugues Eudeline analyse le phénomène du terrorisme contemporain à travers le monde. Il en fait une radioscopie minutieuse, permettant d’en dégager les objectifs ainsi que les stratégies et les modes d‘action mis en œuvre pour les atteindre. Loin des clichés reçus, il donne au lecteur une grille d’analyse et de connaissances totalement inédite permettant d’appréhender le terrorisme dans sa globalité. Elle a pour seule ambition de chercher à comprendre une logique du terrorisme contemporain, un préalable indispensable à l’établissement de toute politique destinée à le combattre. Car, comme l’écrivait Sun Tzu dans LArt de la guerre : « Connaissez votre ennemi et connaissez-vous vous-même; en cent batailles vous ne courrez jamais aucun danger. »

Hugues Eudeline est un ancien officier de Marine dont la carrière a été entièrement consacrée aux opérations. Capitaine de vaisseau (er), il a commandé deux sous-marins d’attaque dont un à propulsion nucléaire, dirigé l'état-major de l'amiral commandant les sous-marins d’attaque et celui du Groupe école d'application des officiers de Marine. Il est diplômé de l’U.S. Naval War College, breveté de l’enseignement militaire supérieur français et docteur en Histoire,.

Devenu consultant international, Hugues Eudeline se consacre depuis de nombreuses années à des recherches sur la géopolitique et la géostratégie. Vice-président du think-tank maritime Téthys, il est membre correspondant de l’Académie Royale de Marine suédoise et l’auteur de nombreux articles sur la sûreté maritime et en particulier d’une étude stratégique intitulée Piraterie et violences maritimes connexes.

Prix France : 21,00 €                                       

ISBN : 978-2-84795-294-0

"Le dossier noir du terrorisme. La guerre moderne selon Sun Tzu. C’est un livre hors du commun qui, en 280 pages, présente à la fois une synthèse du terrorisme global et une grille d’analyse de cet inquiétant phénomène. Je vais vous faire un aveu : pour préparer mon cours sur la stratégie militaire à l’ESCEM de Poitiers, j’ai lu plus de 350 ouvrages. Le livre d’Hugues Eudeline se situe indiscutablement parmi les dix meilleurs. Ce n’est pas un manuel de contre-terrorisme, c’est beaucoup mieux. C’est à la fois un ouvrage de réflexion géostratégique et une mine de renseignements sur les différents types d’activités terroristes et leurs finalités. Toute guerre a une finalité politique, la guerre terroriste n’échappe pas à cette règle clausewitzienne. Alors qu’un Obélix gaulois se contenterait de dire : « Ils sont fous, ces terroristes ! », l’apport du livre d’Hugues Eudeline  est de montrer que le terrorisme est en réalité une démarche rationnelle, même s’il utilise parfois des comportements irrationnels. C’est une synthèse de la guerre totale et de la Terreur, toutes deux héritées de la Révolution française. Dans une substantielle introduction, l’auteur fournit d’ailleurs une définition globale du terrorisme, ce que l’ONU n’a pas réussi à faire depuis 1945. Un des apports les plus originaux du livre est celui qui démontre que le terrorisme est au fond une forme régulière de la guerre.

            Le livre s’ouvre et se termine par une citation du grand stratège chinois Sun Tzu, formant inclusion, comme diraient les exégètes. C’est donc aussi une relecture du phénomène terroriste à la lumière des enseignements stratégiques de Sun Tzu, dont j’ai relevé pas moins de dix-huit citations, toutes pertinentes, en particulier au début des grandes articulations de l’ouvrage dont elles donnent comme le fil d’Ariane. Hugues Eudeline fait dialoguer en quelque sorte les aphorismes de Sun Tzu avec la réalité géopolitique du XXIe siècle. Le sous-titre La guerre moderne est aussi, je pense, une allusion au livre du colonel Roger Trinquier paru en 1961, peu avant la fin de la guerre d’Algérie. Le manuel synthétique d’Hugues Eudeline fait donc le tour de cette question terroriste, qui reste terriblement d’actualité, alors que la France, avec ses moyens militaires efficaces mais limités, est engagée sur plusieurs théâtres d’opérations, aussi bien au Sahel et en Centre-Afrique qu’en Irak, dans le Golfe de Guinée et dans l’Océan Indien et, qui sait, peut-être un jour dans le ciel de l’Ukraine, oubliant ce vieux précepte du Sénat romain : « Il ne faut pas conduire deux guerres en même temps ». 

Présentation par Bernard Pénisson faite lors de la conférence

 

Le 30 décembre 2014, Mario DRAGHI, président de la Banque Centrale Européenne déclarait dans une interview au journal économique allemand Handelsblatt "Le risque (d'une déflation) n'est pas exclu mais il est limité". La déflation est donc envisagée par les plus hautes instances monétaires européennes.

Pourquoi la déflation devient possible alors que pendant plus de trente ans le problème majeur a été l’inflation ? N’est-ce pas le signe que les politiques monétaires menées ont trop bien réussi ? Pourquoi la déflation est-elle un danger pour l’économie européenne et comment peut-on s’en prémunir ?

La monnaie prend une place de plus en plus importante dans nos économies. Les moyens à mettre en œuvre pour sa régulation sont complexes, mais la finalité de la politique monétaire est d’accompagner la croissance de l’activité économique en fournissant la bonne quantité de liquidité nécessaire. La crise de 2008, nous montre que la régulation n’est jamais parfaite et que des bulles spéculatives peuvent apparaitre par excès de liquidité et impacter ainsi le fonctionnement de l’ensemble de l’économie. Dans le sens opposé, la raréfaction des crédits disponibles (crédit Crunch), peut conduire à une contraction de l’activité économique non souhaitée par les acteurs économiques. On s’aperçoit que le maintien d’un niveau de liquidité adapté au besoin de l’économie n’est pas une sinécure.

Inflation versus déflation

La déflation est, selon l’INSEE, un gain du pouvoir d'achat de la monnaie qui se traduit par une diminution générale et durable des prix ; c'est une inflation négative. Cette définition pourrait nous conduire à l’optimisme, puisque la déflation permet d’accroitre le pouvoir d’achat des consommateurs, en induisant une baisse des prix. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. En réalité, la déflation est le constat d’une situation économique dégradée.

On est bien loin des taux d’inflation à deux chiffres des années 80. Car en Europe, la politique monétaire a été déléguée à la banque centrale européenne indépendante dont l’objectif principal est de lutter contre l’inflation. Les taux d’inflation dans la zone euro n’ont cessé de baisser pour se stabiliser autour de 2 % par an pendant plus de 10 ans. Ce taux de 2 % d’inflation est considéré dans le traité de Maastricht comme permettant de dynamiser l’activité économique sans être contraignant pour la compétitivité des entreprises européennes. Il permet de rester sur le chemin de la croissance économique souhaitée.

En réalité, cet objectif de faible inflation entraine des effets pervers car ce taux d’inflation moyen européen, ne tient pas compte de la diversité des économies de pays européens. On ne peut pas mettre sur un pied d’égalité les pays du nord et du sud de l’Europe. Leurs activités de production, de services n’ont que peu de point commun et les causes de l’inflation ne sont pas identiques.

De plus, les pays européens ne peuvent plus utiliser la parité monétaire pour ajuster les écarts de compétitivité de leur économie. Ils doivent agir sur les structures de leur système productif pour rétablir cette compétitivité, cela prend du temps et entraine un accroissement du chômage. Les entreprises délocalisent ou font appel à une main d’œuvre peu coûteuse. La pression sur les salaires est forte et la consommation intérieure s’en ressent.

Les Etats agissent tous avec les seuls outils de politique fiscale ou sociale qui leur restent. L’Irlande ou le Luxembourg par exemple, pour attirer des capitaux étrangers et favoriser le développement de leur économie baissent le taux d’impôt sur les sociétés. Cela se fait au détriment des autres pays européens et globalement de l’Union Européenne.

Au niveau social, l’existence d’un niveau d’un chômage élevé contraint chaque pays à jouer le jeu du moins disant social pour maintenir une certaine compétitivité économique. En France, le pacte de stabilité et de croissance constitue une baisse de 10 milliards des charges sociales pour favoriser le redressement des marges des entreprises, l’investissement et peut être l’emploi. Mais depuis 2008, la plupart des pays européens (Espagne, Irlande ou Portugal) ont connu une réduction du coût salarial de plus de 15 %.

Cette course à la baisse du coût du travail dans toute l’Europe est dangereuse car en s’imposant à chaque Etat, elle conduit à renforcer le risque déflationniste et de récession économique.

Des effets dévastateurs à long terme

La déflation est vue comme le début d’une spirale de récession économique forte est auto entretenue.

Comme dans le cycle inflationniste, l’augmentation des prix entraine une tendance à l’augmentation des salaires pour maintenir le pouvoir d’achat et implique de la part des entreprises une nouvelle augmentation des prix pour maintenir les marges.

Dans le cycle déflationniste, la baisse des prix entraine une tension à la baisse des coûts et donc des salaires. De plus, les consommateurs voyant les prix baisser sont incités à attendre, car plus ils attendent, moins les biens qu’ils souhaitent acheter seront chers. Ils impactent ainsi la demande globale et entrainent une baisse de la production des entreprises, qui n’investissent plus et cherchent encore à baisser leurs coûts.

Pour tous les agents économiques endettés, la déflation entraine une stabilisation voire une augmentation du coût de la dette, le développement d’une économie de la rente. Il est préférable d’épargner, plutôt qu’’investir. La déflation entraine une situation où l’on ne prépare plus l’avenir.

En réalité, la déflation a déjà commencé. Les données chiffrées ne feront que le confirmer dans les mois qui viennent. Les Etats n’ont plus les moyens d’agir à cause du niveau très élevé des dettes publiques. Il faut coordonner notre action au niveau européen pour faire face au risque  déflationniste.

La coordination de l’action passe par la modification des finalités de la Banque Centrale Européenne pour mettre en œuvre une politique de soutien à la croissance comme le fait la FED aux Etats Unis. Par exemple, la BCE pourrait racheter les obligations des Etats Européens pour les aider à financer leur dette, cela réduirait le coût de l’endettement public, augmenterait la masse monétaire conduisant à une baisse de la valeur de l’Euro, favorable aux exportations européennes.

Parallèlement, pour rééquilibrer les prix relatifs entre les pays du Nord de l’Europe et ceux du Sud, il serait nécessaire que l’inflation des premiers soit nettement supérieure à celles des seconds. L’impact serait d’accroître la consommation dans les pays en croissance comme l’Allemagne et de favoriser l’activité économique des pays en récession.

De plus, la recherche d’une convergence des politiques fiscales et budgétaires doit devenir une priorité pour éviter le dumping social et fiscal auquel on assiste entre pays d’Europe.

Agir contre le risque déflationniste nécessite une action concertée des Etats Européens. La solution passe en partie par une Europe politique plus affirmée, capable de prendre des décisions budgétaires de relance de l’activité économique,

L’Europe semble être la solution au risque déflationniste.

Pierre TASSION IA-IPR d'économie-gestion

 

Résumé de la conférence sur l'épopée de l'acier donnée en novembre 2014  par Axelle Degans professeur de Chaire Supérieure, agrégée de géographie en classe préparatoire, auteur ou co-auteur de manuels de géopolitique, notamment, Les pays émergents (éditions Ellipses, 2011), les grandes questions internationales (studirama,2013), Basculement économique et géopolitique du monde , 2013).). Elle publie une rubrique mensuelle , Actualité internationale, sur Diploweb

Quelques données chiffrées pour introduire le sujet

2010 (chiffres CGT) 45 000emplois directs dans sidérurgie dont 80 000 en tout (NPC : 12 000 DK 6000 et Grenoble 1 400 directs, Lorraine 6500, Rhone Alpes 4 600)

152 000 employés en 1974 (Mioche)

Productivité en valeur d’un ouvrier entre 1974 et 1992 x8 et X2en volume

Les premiers objets en fer sont travaillés dès le Vème millénaire en Iran. Le travail du fer en Europe remonte quant à lui au 1er millénaire avant notre ère, un « âge du fer »…. C’est d’ailleurs le fer météorique qui donne naissance à la sidérurgie, comme le nom l’indique car « sidéros » signifie « astre »  (et « ergon » : travail) et « siderer » influence néfaste des astres. Le fer triomphe du cuivre et du bronze par ce qu’il y a des gisements de fer un peu partout et qu’il est plus résistant que les autres métaux. Nous sommes d’ailleurs réputés depuis les Gaulois pour être de bons forgerons. L’épée de Roland, neveux de Charlemagne, la fameuse Durandal ne peut se briser contre un rocher, son acier des Hurtières, à haute teneur en manganèse, était renommé pour sa solidité : la légende peut naitre.

            Définition de l’acier

Qu’est-ce que l’acier ?

L’acier, c’est du fer additionné de carbone dont la teneur est comprise entre 0,02% et 2% (fonte entre 2,5 et 6%) et il existe aujourd’hui 3 000 nuances d’aciers (+17% de chrome et 8% de nickel = acier inoxydable).

            Les utilisations de l’acier

A quoi sert l’acier ?

Les utilisations de l’acier sont nombreuses : la construction, l’automobile, les boîtes, conserves, bidons, les composants électroniques, les infrastructures pour le pétrole ou la production nucléaire, du matériel médical de haute technicité. L’acier est partout !

L’acier c’est un savoir-faire, c’est une nouvelle ère, c’est un étalon de la puissance économique tout au long du XXème siècle. La sidérurgie est une industrie de base, une clé du développement économique et de l’affirmation de la puissance, c’est aussi une industrie mondialisée.

La sidérurgie française a déjà une longue histoire derrière elle, avec les Schneider au Creusot, les Wendel à Hayange (Moselle), les Dumont des forges et aciéries de Denain, la question est de savoir si elle a encore un avenir…

Les progrès de la sidérurgie accompagnent les progrès de la mondialisation

            Carte berceau de la sidérurgie + production a de l’acier une affaire européenne Europe aux commandes de la mondialisation

Une mondialisation et une sidérurgie mondiale dominée par l’Europe

Le berceau de la sidérurgie européenne se situe en Grande-Bretagne (Yorkshire, région de Durham, pays de Galles méridional)La production de l’acier est d’abord une affaire européenne, l’Europe est aux commandes de cette mondialisation  en France (Nord, Lorraine), en Belgique (Wallonie), en Allemagne (Ruhr, Sarre), au Grand Duché de Luxembourg ou en Haute Silésie.

            Carte EUrope

La sidérurgie se construit à proximité de grands bassins miniers (charbon et fer) dont elle partage le destin (1734 : découverte du plus grand bassin houiller français : celui du Nord pas- de Calais découvert à Anzin (fermé en 1990). Les premiers grands bassins industriels se constituent entre 1780 et 1840 en Grande-Bretagne, d’ailleurs le Pays de Galles devient la 1ère région sidérurgique à l’occasion de la guerre d’indépendance américaine car les armes y sont produites pour traverser l’Atlantique.

            Une deuxième génération de bassins industriels sidérurgiques se développe ensuite avec la révolution du chemin de fer entre les années 1830 et 1850 : le Nord de la France, ancienne région de proto-industrialisation, de la Lorraine ou de la Ruhr ou de la haute Silésie. C’est le début des dynasties industrielles : les Wendel en Lorraine, les Schneider (1836) à la tête de la plus puissante industrie française du Creusot…

            Le Creusot la plus grande usine d’Europe, Tour de France de 2 enfants, G. Bruno+ Ruhr

Une troisième génération de bassin sidérurgique se développe dans la deuxième moitié du XIXème siècle, le Donbass (Ukraine après 1880), l’Italie, le nord de l’Espagne dans les Asturies.

= La production de l’acier est une affaire essentiellement européenne, et même britannique car en 1870 les Britanniques produisent 50% de l’acier mondial comme ils commandent cette phase de la mondialisation. La production de l’acier reflète le centre de gravité économique.

 

Le XIXème siècle de l’âge du Fer à l’âge de l’acier

Les innovations révolutionnent ce secteur : innovation au cœur de la mondialisation

            Convertisseur Bessmer

1856 : convertisseur Bessemer (Sheffield) produit de l’acier bon marché (on y souffle de l’air  comprimé qui brûle le carbone et les impuretés) grâce au coke. En 1861 Alfred Krupp installe le 1er convertisseur Bessemer dans la Ruhr et en 1879 le 1er convertisseur Thomas après l’annexion de la Lorraine

1868 : début des aciers spéciaux (acier + quelques métaux) ex acier + nickel = acier inoxydable ou inox dès 1890

1877-1882 : capture du phosphore : procédé Thomas (pierres réfractaires dans le convertisseur) qui est le point de départ de l’affirmation sidérurgique de la Lorraine car le minerai est phosphoreux. La limonite lorraine a une teneur en fer d’environ 30%, c’est peu = « minette »

= Avec le procédé Bessemer l’âge de l’acier  succède à l’âge du fer à: la fin des maîtres des forges qui ne se renouvellent pas, c’est aussi le déclin de la Haute Silésie dont le charbon est difficilement cokéfiable (chauffer sans oxygène) et du pays de Galles dont les minerais s’épuisent. Une première redistribution des cartes…

Une plus large diffusion de la production de l’acier

Les challengers de l’acier CArnégie + Tata +Japon

Les challengers de l’Europe se lancent dans l’aventure sidérurgique en quête d’une puissance nouvelle : fin XIXème les Etats-Unis, le Japon. Au début du XXème Tata commence à produire de l’acier en Inde en 1912.

             tableau+

En 1914 les Etats-Unis sont le premier producteur mondial avec 50% de la production, la GB n’en représentant plus que 10%, l’Allemagne a la 2ème place produisant 2 fois plus d’acier que la France à la 4ème position. Krupp

            L’acier devient stratégique du fait de la révolution des chemins de fer, du développement de l’automobile et de la 1ère guerre mondiale qui donne la primauté à l’artillerie.

            Les grands combinats sidérurgiques, fierté soviétique

La Russie devenue soviétique donne la priorité à la construction d’une puissante industrie lourde autour de la sidérurgie et de combinat : la sidérurgie incarne la volonté de rattrapage et la soif de puissance comme de reconnaissance.

= La sidérurgie française,  centrée sur les barons de l’acier du Nord, les maitres des forges Lorrains et du Creusot, a donc de nouveau concurrents, l’Europe a perdu son monopole.

            Production mondiale acier + 3à trente glorieuses

Une sidérurgie française au cœur d’une mondialisation « heureuse » (1945-1975)

La sidérurgie française : une priorité économique

           

La période des « trente glorieuses » est faste pour la sidérurgie française, d’abord parce qu’elle est un acteur essentiel de la reconstruction mais aussi à l’heure de la concurrence entre les deux modèles, la sidérurgie sert encore et toujours d’étalon.

            Sidérurgie au cœur du plan Marshall

Ceci explique qu’elle bénéficie du plan Marshall et qu’elle constitue la pierre angulaire (avec le charbon) des débuts de la construction européenne avec a CECA. Acier heureux (4) : l’apogée du monde ouvrier

La sidérurgie française se décompose en 2 branches.

            Phase à chaud assure la transformation du minerai en acier

Une filière chaude : minerai de fer chauffé = aggloméré ; charbon cokéfié (chauffer sans oxygène pour obtenir du carbone presque pur) ; les 2 sont chargés dans le haut-fourneaux où de l’air chaud 1250° est insufflé par la bas provoque la combustion du coke et la transformation du fer en fonte. Dans le convertisseur (dans l’aciérie) la fonte reçoit l’ajout de ferraille et l’acier coule ensuite en continu, il est progressivement refroidi et se solidifie sous forme de brame. Le laminage sur le train à bande aminci la brame pour la transformer en « coil », bobine.

            Filière froide : transformation des coils

Une filière froide : les coils sont de nouveau laminés mais à froid pour leur donner les qualités recherchées (résistance mécanique, thermique, protection contre la corrosion…).

= la sidérurgie est donc une industrie qui nécessite des investissements très conséquents, une compétence technologique importante et une main d’œuvre nombreuse. Elle est donc l’apanage de pays avancés et riches mais devient l’industrie symbole du développement recherché, de la mondialisation (Brésil…).

Big is powerful

            Organigramme Usinor et Sacilor

La mondialisation comme l’intensité capitalistique nécessaire poussent à la concentration. C’est pour dynamiser la production d’aciers plats qu’en 1948 nait USINOR de la fusion des Forges et aciéries du Nord et de l’Est et des Forges et aciéries de Denain-Anzin. Cette fusion doit permettre l’installation d’un laminoir de forte capacité (train à bandes) pour la construction de tôles fines grâce au plan Marshall.

En 1966, USINOR absorbe la société Lorraine-Escaut.

En Lorraine, Wendel cristallise autour de lui une coopérative pour la création à Florange d’une unité de production de tôles minces (laminage continu) : la SOLLAC (société lorraine de laminage continu).

SACILOR a des origines qui remonte à Wendel est créé en 1964 et en 1973 Wendel-SIDELOR l’absorbe prenant le nom de SACILOR, cette dernière devient actionnaire de SOLLAC.

= La concentration industrielle de la sidérurgie française répond aux fusions qui existent à l’échelle mondiale. Cette industrie reste pourtant fondamentalement française. Ces fusions répondent à des préoccupations aussi propres au secteur : beaucoup de capitaux et une compétence assez élevée.

La mondialisation modifie la donne de la sidérurgie française

            Les mines + courbes production acier/charbon

La révolution des transports, qui accélère la mondialisation, modifie la sidérurgie en profondeur. Il devient désormais moins onéreux d’importer des minerais par voie maritime depuis les pays du Tiers monde (Brésil, Maurétanie..) ou même d’autres pays développés (Canada, Australie…) que de continuer à l’exploiter dans les pays occidentaux. Les conséquences :

            C’est le déclin de l’extraction minière et la lente agonie des « pays noirs » en France, Grande-Bretagne.

            Dunkerque et Fos/Mer : la sidérurgie sur l’eau (3)

  1. Cela bouleverse la géographie industrielle : Les années 1960 et suivantes sont celle de la « sidérurgie sur l’eau » comme l’illustre la création du site de Dunkerque en 1962, SIDMAR à Gand ou de Fos/Mer en 1974 qui demeurent les sites sidérurgiques les plus récents en France. C’est d’ailleurs en 1971 à Dunkerque que démarre la 1ère coulée continue française, HF4 et qu’USINOR y construit la même année le plus grand haut fourneaux de l’époque le HF4 de 14 mètres de haut.

= La mondialisation provoque une mutation existentielle pour la sidérurgie française, c’est le début du déclin des activités sidérurgiques historiques de l’intérieur. C’est le début des temps difficiles pour la sidérurgie pour qui désormais voit bien davantage les méfaits de la mondialisation.

Le temps d’une grande « désillusion » de la sidérurgie française

L’année 1974 est la dernière bonne année pour la sidérurgie française.

La sidérurgie française à l’heure de la restructuration : une victime de la mondialisation ? plan Barre

La sidérurgie est l’une des grandes victimes de la crise-mutation qui nous touche dans les années 1970, celle de la nouvelle concurrence asiatique (japonaise, coréenne) qui provoque une situation de surproduction à l’échelle mondiale, en particulier pour la sidérurgie, quand l‘Europe ralentit économiquement. La sidérurgie française repose alors surtout sur Usinor et Sacilor.

L’Europe communautaire (plan Davignon 1978) et la France mettent alors en place une restructuration de ce secteur, qu’on ne veut pas sacrifier car il est à la base de nombreuse branches industrielle, il mobilise beaucoup de main d’œuvre et il est emblématique de notre puissance industrielle ; restructuration dont il n’est toujours pas sorti. Le plan Dherse en France en 1971 supprime quelques 16 000 emplois en Lorraine, région qui doit être aidée par la création en 1975 de Solmer à Fos. Le gouvernement Barre décide de convertir une partie des créances grâce à l’argent public en échange d’une réduction drastique des effectifs par le biais de la mise en retraite ou pré-retraite (55 ans, parfois 50) de congés formation…. Un plan de sauvetage de l’acier français qui est aussi un traitement social de la crise de la sidérurgique qui coûte 80 milliards de francs. Le projet de Fos est revu à la baisse dans le contexte des chocs pétroliers.

            Grève insurrectionnelle de Denain en 1978 : le temps du désespoir

La sidérurgie française vit portant un vrai drame : la production de fonte et d’acier s’arrête avant la fin des années 1970 à Valenciennes et Thionville. Près de 6000 suppression d’emplois en 1976, 16 000 entre 1979 et 1980, en 1979 près de 6000 emplois directs sont supprimés entre Denain (plus de 5000) et Valenciennes, et environ 20 000 emplois induits par la sidérurgie. Un drame régional

La Lorraine vit un drame identique, elle est en plus trop éloignée des côtes et sa « minette » est top pauvre en fer : 74 000 emplois de sidérurgistes disparaissent en 30 ans autour de Thionville, Longwy et Hagondange.  Le Creusot ne s’en sort pas mieux.

En fait la sidérurgie française est trop endettée tout en ayant pas assez investi pendant des décennies.

            Les nationalisations de la sidérurgie française

En 1981 USINOR et SACILOR sont nationalisées, c’est la fin des barons de l’acier. La nationalisation ne met pas fin à la restructuration. Il s’agit de sauver l’appareil productif sidérurgique grâce à l’argent public en le modernisant et en continuant les licenciements qui frappe durement des régions de quasi mono-activité.

            Drame de Longwy (2)

Cette politique est très mal vécue par la population, elle est vécue comme « un affront », une fin d’époque, un « crépuscule » : une lente agonie commence, notamment avec la région de Longwy. La productivité a triplé et la sidérurgie en sort désendettée, mais entre 1981 et 1994 la sidérurgie perd 120 000 emplois sur les 160 000 de 1974. La période de la nationalisation est donc celle d‘une mutation fondamentale de la sidérurgie française menée par Francis Mer. En 1984, Creusot-Loire dépose le bilan, le plus gros dépôt de bilan d’une industrie depuis 1945…

Aujourd’hui la traque aux coûts est encore plus poussée dans un contexte de grande concurrence et aussi d’enchérissement des matières premières. Cette donnée pousse à continuer la restructuration au nom d’une plus grande rationalisation. C’est ce qu’avait choisi Guy Dollé, patron d’Arcelor quand il propose en 2003 le plan APOLLO. Plan Apollo que Lakshmi Mittal reprend en grande partie aujourd’hui.

= Aujourd’hui il reste 50 000 emplois dans la sidérurgie française (moins de 100 000 aux EU, 380 000 en UE, 1,7 millions en Chine. Il y a aussi derrière cette réalité, la volonté de troquer des empois industriels considérés comme dépassés, par des emplois tertiaires, plus valorisants, moins pénibles….

La mondialisation pousse à de nouvelles stratégies industrielles : d’une industrie française a une industrie mondialisée.

            Diagramme Usinor-Sacilor

En 1986, USINOR et SACILOR fusionnent, sous la direction de Francis Mer, et prennent le nom USINOR SACILOR qui est privatisé et absorbe en 1990 SOLLAC. En 1991, Sacilor fusionne avec Ugine-Aciers de Châtillon et Geugnon pour prendre le nom d’Ugine SA. En 1995, l’entreprise est privatisée. En 1998, Usinor rachète le belge Cockerill puis prend le nom de SOLLAC  groupe USINOR en 1999.

Ce mouvement de concentration existe aussi outre-Rhin : en 1991 Krupp rachète Hoesch, et en 1997 fusionne avec Thyssen pour donner naissance à ThyssenKrupp autre grand leader européen de la sidérurgie.

Il existe aussi outre-Manche : British Steel corporation est nationalisée en 1967 par le gouvernement travailliste d’Harold Wilson, la société est privatisée en 1988, elle fusionne en 1999 avec Koninklijke Hoogovens pour former Corus (où les britanniques sont prépondérants) qui est le 3ème plus gros producteur d’acier a monde derrière le coréen POSCO et Nippon Steel, en janvier 2007 Tata Steel rachète Corus, en 2009 la conjoncture s’est dégradée et Corus supprime 3500 emplois dans le monde dont 2500 en Grande-Bretagne. Depuis 2010, Tata Steel Europe.

            USINOR-> ARCELOR

Usinor est donc un groupe essentiellement français, la direction reste proche de ses cadres, un chef de ligne de galvanisation est encore considéré comme quelqu’un d’important. En 1993 l’acquisition de Ekostadt en ex-RDA et en 1998 l’acquisition du belge Cockerill, en font une entreprise internationale. En 2002, ce groupe passe à une dimension européenne : il fusionne avec le luxembourgeois Arbed et l’espagnol Aceralia pour devenir ARCELOR. Ce géant devient le numéro 2 mondial derrière Nipponsteel puis le 1er mondial avec lequel il a tissé une alliance.

On peut constater que la globalisation financière influence ici beaucoup la logique industrielle qui est désormais à la concentration, aux OPA amicale où non, aux dividendes pour les actionnaires… La sidérurgie française est bien à l’heure de la mondialisation, pour l’instant elle semble gagner même, mais les emplois continuent de reculer.

Dès 2005, Arcelor peine à acheter ses matières premières car les cours flambent, or Mittal Steel a eu l’intelligence de racheter des mines, il souffre moins de cette conjoncture et devient leader mondial de l’acier.

            Mittal

En 2006, Mittal devenu leader mondial du secteur lance une OPA agressive sur Arcelor, c’est la création d’un géant ArcelorMittal, une des entreprises devenues l’une des plus importantes  multinationales, son siège est au Luxembourg son patron vit à Londres. Arcelor pris à son propre piège financier ! Elle est quasiment en position de monopole en France, PSA préfère de plus en plus acheter son acier à Thyssekrupp pour faire jouer la concurrence.

                        Carte France filière chaude et froide

L’industrie sidérurgique française est entrée dans une nouvelle phase avec l’importation des minerais d’outre-mer et la maritimisation progressive de ce secteur. Les logiques mises en place au cours des années 1960 portent leurs conséquences jusqu’à aujourd’hui avec un destin épouvantable pour les régions historiques. Fermeture de l’aciérie électrique de Gandrange malgré les promesses politiques dont la Lorraine a pu éprouver le peu de crédibilité depuis les années 1980, comme le manque de courage politique.

            Mittal dans le monde

Florange et Liège gagnent de l’argent mais ArcelorMittal ferme partiellement les sites pour augmenter la rentabilité d’un groupe davantage acquis à la logique financière et désormais mondialisé.

            Lakshmi Mittal applique d’ailleurs aujourd’hui le plan Apollo (diapo Sarko) prévu par son prédécesseur Guy Dollé. En fait ArcelorMittal ferme Gandrange,  les filières chaudes de Florange, Liège (il reste un laminoir à froid) et les hauts fourneaux d’Eisenhüttenstadt. Apollo froid prévoit la centralisation de la production pour emballage sur Florange ainsi les brames viendront de Dunkerque et seront transformer sur Florange pour les besoins de l’industrie automobile, attachée à ce site et la modernisation d’autres sites. La filière inox doit être recentrée sur Charleroi (au détriment des sites d’Ardoise et Isbergues). La Lorraine n’est pas morte pour la sidérurgie car elle conserve un centre de recherche d’ArcelorMittal à Maizières-Lès-Metz (l’autre est à Chicago) la mondialisation c’est aussi l’importance de la recherche ce que comprend bien Mittal, près de 17 000 personnes travaillent pour la sidérurgie. Mais le sentiment de trahison est bien réel.

            = Cette politique est très mal vécue en Lorraine qui n’en finit plus d’agoniser, et même si la sidérurgie appartient au patrimoine national, de Mitterrand à Hollande, les politiques ont montré leur impuissance.      

La sidérurgie de la logique industrielle à la logique financière : l’exemple de Mittal devenu ArcelorMittal

C’est Wilbur Ross qui fait de Mittal le leader mondial de l’acier. Il lui ouvre les portes de la haute finance américaine et ce faisant du marché américain. C’est alliance de l’ancien monde (la « vieille économie» qu’incarne la sidérurgie) et du nouveau la finance mais aussi d’une puissance occidental et du monde émergent.

En janvier 2006, Mittal lance une OPA inamicale sur Arcelor, c’est l’affrontement de 2 mondes de 2 conceptions. Arcelor est resté sur une logique industrielle et Francis Mer de dire a posteriori que l’entreprise européenne n’a pas cherché à séduire d’autres partenaires pour faire de l’argent. Mittal est davantage dans une logique financière, c’est un manager qui travaille pour les actionnaires. Mittal c’est le symbole d’une mondialisation inversée.

Avec Mittal c’est le triomphe de la logique financière et du court termisme, horizon du trimestre financier voire du mois. L’optique est de maximiser les profits au bénéfice des actionnaires, ainsi en 2012 725 millions d’euros de dividendes sont versés aux actionnaires, dont 40% à la famille Mittal. C’est un autre capitalisme qui tient davantage du jeu de monopoly.

Au sein de groupe se développe ainsi les prix de transfert entre filial pour amener des flux de trésorerie là où les taxes sont les moins élevées. Il s’agit donc d’un système élaboré d’évasion fiscale…légal. (Luxembourg) Globalisation financière et dumping fiscal sont bien au cœur de la mondialisation.

Florange ferme après qu’elle ne puisse plus apporter des quotas carbone gratuits…

La sidérurgie illustre le basculement du Monde ?

            Production et consommation d’acier : le boom chinois +acier

La sidérurgie française subit une redistribution des cartes à l’échelle mondiale, un grand « basculement ». Il est très net que depuis le début du XXIème siècle la consommation et la production d’acier ont basculé vers l’Asie. Dès les années 1970, le Japon et les dragons d’Asie tirent à eux la croissance économique mondiale, mais c’est sans commune mesure avec le « boom » chinois.            Les plus grands sidérurgiques du monde : une bascule vers l’Asie

D’ailleurs la répartition des 10 grands groupes industriels est révélatrice à ce titre seul Arcelor est un producteur européen, certes le 1er mondial, 9 sont asiatiques 2 Japonais, 1 coréen et 6 chinois !!!! La Chine met la main sur les mines

Diagramme coût de la main d’œuvre / Ebita minerai/sidérurgistes

La force de la croissance chinoise provoque une flambée du coût des matières premières (minerais de fer, charbon) et même une difficulté pour s’approvisionner. Une des forces de Mittal est de posséder des mines. Le coût de la main d’œuvre devient très minoritaire

           

La sidérurgie subit aussi, et c’est une conséquence de ce que l’on vient de voir, un renversement de partage des profits qui bénéficient davantage aux producteurs de matières premières qu’aux sidérurgistes, cela rogne bien sûr leurs bénéfices.

            Article importation de coils depuis la Chine….

La concurrence est devenue féroce et l’étape suivante est l’importation depuis la Chine, chose faite en France où certaines entreprises préfèrent importer des coils fabriqués Chine plutôt qu’acheter des coils fabriqués en France. Bien peu de patriotisme économique… Renault diversifie ses achats quand Arcelor devient Mittal

            Article : réflexion sur le protectionnisme

Il ne faut pas désespérer et penser que ce « basculement du Monde »  est forcément définitif. Tout d’abord certains appellent au protectionnisme pour faire barrage à une concurrence qui tient davantage du dumping social et écologique qu’autre chose, c’est l’idée d’une taxe carbone sur les produits importés depuis des pays qui en usent voire abusent, la Chine pour  ne pas la nommer quand les entreprises européennes et françaises investissent dans la sécurité et les filtres (plus de 10 millions d’euros l’un) pour diminuer leurs rejets. Ces investissements nécessaires pèsent sur la compétitivité dans le cadre d’une concurrence mondiale, mais on ne peut pas s’aligner sur un moins disant.

            Sidérurgie américaine sort de nouveau la tête de l’eau : gaz de schiste

Aujourd’hui l’acier américain, en partie sous bannière ArcelorMittal retrouve une compétitivité perdue depuis longtemps grâce à une meilleure organisation de la production et les gaz de schistes qui diminuent significativement la considérable facture énergétique de cette industrie. Un recul écologique pourtant.

CONCLUSION : la sidérurgie française illustre tragiquement la désindustrialisation de l’Europe

L’Europ a montré son impuissance, Sarkozy s’est déplacé à Gandrange, Hollande à Florange, la Commission européenne a demandé à Mittal de ne pas fermer les derniers hauts fourneaux de Lorraine, en vain. Comment préserver notre patrimoine industriel ? La lente descente aux enfers de la sidérurgie européenne incarne le déclin de l’Europe, et menace notre indépendance économique dans un secteur clé. Nous avons su porter secours au secteur financier dans le cadre de la crise née des subprimes, mais pas à la sidérurgie, et cela au nom de la concurrence. Il s’agit d’u aveuglement idéologique, une illusion néolibérale qui préfère l etertiaire à l’industrie, la nouvelle économie à la vieille économie. LA conséquence évidente est la désindustrialisation, thème dont s’empare les candidats à l’élection présidentielle de 2012 pourtnta les autres sont protectionnistes : la Chine et m^me les eu de BA. Obama qui vole au secours de la sidérurgie de Cleveland.

 

La sidérurgie française et à travers elle la sidérurgie européenne a vécu un véritable drame depuis le début des années 1970, qui l’a profondément modifié. La sidérurgie a un avenir en France et en Europe mais n’aura plus jamais le rôle et le poids qu’elle a pu avoir au cours des Trente Glorieuses. Elle a subit les aspects les plus négatifs de la mondialisation, les logiques purement financières appliquées à l’industrie, un patronat qui n‘a pas su être assez clairvoyant et ambitieux, un choix aussi. Le choix de préférer les emplois tertiaires aux emplois industriels, car plus valorisants, moins pénibles et mieux payés… jusqu’à ce que l’on prenne conscience tardivement de la nécessite de rester une nation qui produits des biens industriels. L’industrie c’est d’abord des emplois, souvent mieux payés que dans le tertiaire, et avec une bonne couverture sociale, c’est aussi conserver la possibilité d’exporter et donc d’améliorer notre balance commerciale. La sidérurgie est une industrie de base donc importante à conserver, comme le savoir-faire, elle appartient pleinement à notre patrimoine industriel. Aujourd’hui la sidérurgie française appartient, comme la sidérurgie belge ou britannique, à des groupes mondialisés dont la stratégie est mondiale. Or la demande se situe plutôt dans les pays émergents… les pôles chauds doivent être conservés, investir (RD) seule garantie : de l’acier intelligent !